La recherche scientifique démontre son impact positif sur la dépression et l’anxiété. Les 24 et 25 octobre au Corriere della Sera, deux jours de rencontres ouvertes au public pour la deuxième édition du Festival de la Bonté
Nous devons défendre la gentillesse, construire un rempart, nous vivons dans une époque qui court plus vite que notre capacité à la comprendre. Guerres, crises environnementales, inégalités, précarité : tout change rapidement, souvent pour le pire, et l’hostilité et la dureté semblent devenir le langage commun, dans les réseaux sociaux, dans le débat public, jusque dans les relations quotidiennes. Dans ce scénario, la gentillesse apparaît comme une valeur fragile, presque déplacée. Mais c’est précisément ici qu’il révèle sa plus grande force : celle de ceux qui choisissent de ne pas répondre à la violence par la violence. Ce n’est pas la faiblesse ou l’évasion de la réalité : être gentil, c’est choisir de ne pas ressembler au monde qui nous fait du mal. C'est un geste politique, un acte de résistance civile, une façon de rester humain dans le chaos, c'est du courage moral.
Être gentil ne signifie pas être naïf, c'est la décision consciente de ne pas se laisser entraîner dans la spirale de l'agression, de l'oppression et du cynisme. C'est le refus d'être déshumanisé. Dans un monde qui récompense ceux qui crient le plus fort, la gentillesse est une forme de résistance, un pont entre tous les hommes, même s'ils ne parlent pas la même langue, une chaîne qui maintient les hommes liés. Des recherches récentes montrent que la gentillesse a des effets positifs sur la santé mentale, les relations sociales et le bien-être émotionnel. Il a été démontré en particulier que la gentillesse envers les autres entraîne une diminution de la dépression, de l’anxiété et de la solitude. Une émotion spécifique, appelée Kama du sanscrit « changement provoqué par l'amour », est un sentiment d'unité, d'appartenance et de connexion avec d'autres êtres humains. La gentillesse glisse entre les doigts de la vie, nourrissant ceux qui la reçoivent et ceux qui la donnent, elle devrait devenir le mode de vie naturel, et non l'exception. Écoutez, respectez les différentes opinions, souriez, soyez patient, montrez de l'intérêt pour les autres. Il ne s'agit pas d'un sentiment privé, mais d'une responsabilité publique.
Être gentil signifie rejeter la culture de la haine, de l’hostilité et de la violence. Il faut de la force intérieure pour ne pas répondre à la colère par encore plus de colère, pour ne pas se laisser emporter par le cynisme. La bienveillance devient ainsi une manière d'affirmer sa liberté face à la brutalité des temps, elle ne change pas le monde en un jour, mais elle change la manière dont nous y sommes. Et de ce petit changement quotidien peut naître la possibilité d’une nouvelle coexistence, plus juste, plus accueillante et plus humaine. En période de désordre, la gentillesse est une forme d’ordre. Il faut de la force intérieure pour ne pas répondre à la colère par encore plus de colère, pour ne pas se laisser emporter par le cynisme. Cela devient ainsi un moyen d'affirmer sa liberté face à la brutalité du contexte. « Dans un monde qui essaie de vous rendre dur, rester gentil est une victoire. »
* Directeur émérite des neurosciences de la santé mentale, Asst FBF-Sacco, Milan
