L’action sur les récepteurs de l’histamine et de la sérotonine détermine, plus que d’autres mécanismes, les modifications de poids chez les patients prenant des antidépresseurs.

Quelle est la relation entre les antidépresseurs et toute augmentation du poids corporel ? Cette condition est-elle évitable ou au moins réversible ?

Il à répondu Antonio Calentopsychiatre, Département de santé mentale et toxicomanie, ASST de Lodi (ALLER AU FORUM)

Une prise de poids possible est en effet un problème qui a son importance dans le choix de l’antidépresseur et c’est un effet secondaire possible avec bon nombre de ces médicaments. Une étude (« Utilisation à long terme des antidépresseurs : perspectives des patients sur les bénéfices et les effets indésirables », 2016) a rapporté une prévalence de prise de poids chez environ 65% des patients prenant des antidépresseurs pendant de longues périodes. Le problème de la prise de poids peut être lié, comme on le sait, à problèmes cardiovasculaires et métaboliques et surtout cela peut être subjectivement un effet indésirable qui conduit dans certains cas à arrêter la thérapie.

Neurotransmetteurs

Il existe cependant de nombreux types et de nombreuses « classes » d’antidépresseurs, des médicaments qui agissent – de différentes manières – sur divers neurotransmetteurs (sérotonine, noradrénaline, dopamine) et accessoirement également sur d’autres émetteurs (histamine, acétylcholine), qui sont utiles pour déterminer les changements de poids ou d’appétit. En fonction de l’action des médicaments sur les émetteurs individuels, il y aura, en moyenne, un effet plus ou moins grand sur la variation de poids. C’est notamment l’action sur les récepteurs dehistamine et sur des récepteurs spécifiques de sérotonine qui détermine, plus que d’autres mécanismes influents, les changements de poids chez les patients prenant des antidépresseurs. Par ailleurs, les actions ne sont pas parfaitement comprises et parfois « temporellement dépendantes » : certaines études ont mis en évidence, dans une première phase, une perte de poids avec certains médicamentsce qui à long terme peut entraîner une prise de poids.

Effets secondaires

Le choix d’un antidépresseur dépend de nombreux facteurs (car les médicaments ont une action primaire, mais peuvent avoir des actions secondaires qui varient en fonction du mécanisme opératoire spécifique) et donc le thérapeute choisira la molécule la plus adaptée également en fonction des effets secondaires potentiels, en tenant compte des antécédents médicaux de la personne. Concernant la prise de poids, une étude récente qui rassemble les données de nombreux travaux sur le sujet « divise » les antidépresseurs en trois classes de risque en matière de prise de poids : parmi les médicaments qui provoquent le plus de prise de poids (supérieur à 1,5 kg ou > 7 %) il y a par exemple mirtazapine, citalopram, de nombreux médicaments « tricycliques » (antidépresseurs d’ancienne génération) et les paroxétine.

Le choix du médicament

Parmi les médicaments à risque moyen (prise de poids généralement inférieure à 1,5 kg ou inférieure à 7 %), on retrouve escitalopram, sertraline et duloxétine; parmi les médicaments ayant un effet pratiquement neutre – ou très faible – sur la prise de poids, il y a vortioxétine, venlafaxine et desvenlafaxine, fluoxétine Et bupropion, qui agit principalement sur la dopamine et qui, dans la plupart des études, tend à avoir un effet amaigrissant neutre ou léger. Cependant, je voudrais souligner que le choix d’un éventuel médicament à utiliser pour le traitement d’un épisode dépressif devra prendre en compte de nombreux facteurs et la peur de la prise de poids devra certainement être évaluée, mais le choix du thérapeute sera également guidé par d’autres effets possibles recherchés (ou au contraire évités) de la molécule unique.

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