Un problème de plus en plus pressant en raison de ses conséquences sur les sujets les plus fragiles

Elles sont soulignées depuis un certain temps dans le cadre de la discussion en bioéthique les dangers des soi-disant « fake news » pour la santé: un problème de plus en plus pressant avec l’omniprésence des technologies de l’information et de la communication. On consulte souvent internet pour obtenir des réponses dans le domaine de la médecine : par précipitation, par habitude de délégation technologique. ET nous ne réalisons pas pleinement les risques de la consultation numérique. Nous parlons de désinformationou la création intentionnelle de nouvelles scéniques, et de désinformationou circulation involontaire de fausses nouvelles : des problèmes qui existaient déjà avant même les technologies, mais qui se sont amplifiés dans l’infosphèrece qui entraîne une accélération et une extension de la diffusion de l’information.

Le problème des fake news est particulièrement sensible dans le secteur de la santé, car les destinataires des informations sont des sujets touchés directement ou indirectement par des pathologies, donc émotionnellement fragiles. Le problème est particulièrement urgent aujourd’hui, compte tenu du développement rapide des technologies numériques, de la complexité de la médecine et des transformations rapides de la société. Il ne s’agit évidemment pas de diaboliser des outils que nous utilisons tous (ou presque) au quotidien, et qui ouvrent certainement de nombreuses opportunités, mais nous devons être conscients qu’ils ne sont pas sans risque. Comment lutter contre la désinformation numérique en santé ? Certaines stratégies commencent à émerger dans le domaine de la bioéthique.

D’abord une éducation des citoyens à la « littératie en santé »c’est-à-dire l’acquisition des notions de base relatives à la santé et à la maladie, mais aussi une «compétence numérique», qui permet non seulement d’acquérir des compétences numériques mais aussi un filtre critique vis-à-vis des informations présentes sur le Net, sachant qu’elles peuvent être trompeuses. Aussi l’identification d’outils de certification de la qualité de l’information en ligne. L’éducation et les outils critiques doivent être placés dans le cadre d’une réglementation qui punit ceux qui manipulent intentionnellement l’information et garantissent la capacité de discernement critique des utilisateurs du numérique.

La liberté d’expression, même en ligne, est une valeur, mais elle ne doit pas porter atteinte au droit fondamental du citoyen à la santé. La nouvelle peut aussi faussement rassurer ou tout aussi faussement alarmerà la fois individuellement et publiquement, avec des conséquences dangereuses pour les individus et la société. On a le droit de discerner vrai/faux en matière de santé. Ce n’est qu’ainsi que la confiance et la fiabilité seront également construites dans le domaine de la santé numérique, qui ne doit pas conduire à l’isolement du patient dans la santé à faire soi-même, mais elle doit être intégrée dans la relation de soins patient/médecin.

* Professeur de philosophie du droit, Lumsa

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