Dans son livre « The Stimulated Mind », le neuroscientifique britannique Tommy Wood affirme que le cerveau (même à 60, 70 ou 80 ans) peut encore s’adapter et propose quelques actions pour améliorer la plasticité cérébrale.

Le destin de notre cerveau n’est pas nécessairement de vieillir en glissant vers un lent mais inexorable déclin cognitif.
Notre esprit vit et s’épanouit lorsqu’il est stimulé (c’est l’une de ses caractéristiques fondamentales) et peut rester quasiment inchangé, comme le démontrent de nombreuses études récentes (voir ICI), même à un âge avancé.

C’est ce qu’on appelle la neuroplasticité : la capacité de changer, de se réinventer, d’apprendre. Une capacité qui est maximale chez l’enfant, mais qui ne disparaît jamais et, en s’adaptant à l’environnement et aux expériences, permet de naître de nouveaux neurones. En fonction de ce que nous vivons et de la manière dont nous le gérons, nous développons ou améliorons certaines capacités cognitives et en réduisons d’autres (il suffit de penser aux adaptations cérébrales dues à l’utilisation quotidienne des smartphones à intelligence artificielle).




















































La méthode

C’est précisément sur la base de cette caractéristique du cerveau que le neuroscientifique britannique Tommy Wood propose la « méthode 3S » pour lutter contre le déclin cognitif en améliorant la plasticité cérébrale.

Le 3S est une formulation captivante comme le sont certains titres de journaux qui, à propos de son livre « L’esprit stimulé » (sorti en France le 18 juin sous le titre Ne laissez pas votre cerveau vieillir – Ne laissez pas votre cerveau vieillir) mentionnent, parmi les effets de la méthode, un cerveau qui «à 65 ans a recommencé à grandir».

Les 3S ne sont cependant pas une découverte d’un neuroscientifique, mais des facteurs sur lesquels la science s’exprime depuis longtemps : Stimulation, Sommeil, Approvisionnement cela signifie qu’un cerveau qui a des stimuli, qui se repose, qui est bien nourri reste « jeune », actif et capable de se renouveler.

Avec clarté et exemples tirés du monde du sport (Tommy Wood travaille également avec des pilotes de Formule 1), l’auteur explique comment le manque de stimuli (apprentissage actif et interaction sociale) amène le cerveau à « tailler » des fonctions et des structures, car celles-ci ne sont plus nécessaires.
Il s’intéresse ensuite à ce qui constitue, dans notre société, un manque chronique d’heures de sommeil et aux conséquences que ce manque a sur le nettoyage métabolique du cerveau. Enfin, il réitère l’importance d’une alimentation saine qui contrecarre le déclin cognitif.
L’ouvrage contient également d’autres conseils regroupés au sein des 3S : l’exercice physique comme stimulus pour le cerveau, les interactions sociales, la prévention des facteurs de risque cardiovasculaires et métaboliques.

«La façon dont notre cerveau vieillit est bien plus sous notre contrôle que nous ne l’aurions jamais imaginé et les principaux leviers ne sont pas les médicaments ou les interventions coûteuses – déclare l’écrivain -, mais les choix normaux que nous faisons sur la façon dont nous utilisons notre esprit au quotidien».

Les autres facteurs qui affectent le cerveau

Rien de nouveau : tels qu’ils sont écrits, ce sont quelques-uns des piliers du vieillissement actif et de la lutte contre le déclin cognitif, mais ce ne sont pas les seuls.

Tout d’abord, la santé cérébrale se cultive au fil du temps : la réserve cognitive que nous construisons grâce à la capacité à créer de nouvelles connexions cérébrales, de nouvelles synapses, de nouveaux réseaux de neurones tout au long de notre existence est très importante pour réaliser notre richesse de connaissances.
Le cerveau « s’ennuie » alors : les stimuli doivent exciter ou exciter. Lire ou apprendre passivement ou par devoir ne laisse aucune trace et ne crée pas de liens.
L’optimisme, l’humour et la générosité sont aussi des dispositions « protectrices » pour avoir un esprit brillant.

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Ensuite, il y a des obstacles sur le chemin qu’il vaudrait mieux éliminer ou au moins contourner pour rester brillant : en plus de contrôler l’apparition des principales maladies caractéristiques de la vieillesse grâce au dépistage et aux interventions médicales, il est très important de prendre soin de l’audition car c’est l’un des éléments qui affecte le plus le risque de démence (elle augmente l’isolement social).
Enfin, certains facteurs critiques ne dépendent pas uniquement de nous : la pollution de l’air étouffe les poumons et même le cerveau (les particules et les polluants semblent avoir des effets toxiques directs sur les cellules cérébrales) et les déterminants socio-économiques font le reste et peuvent pousser dans un sens ou dans un autre (pensez au logement et à la pénibilité du travail, aux facteurs économiques, à l’accès aux soins de santé).

La « Commission du Lancet sur la prévention, l’intervention et le traitement de la démence » répertorie 14 facteurs de risque modifiables liés à près de la moitié des cas de démence :

  • faible niveau d’éducation,
  • perte auditive,
  • hypertension (pression artérielle élevée),
  • fumée,
  • obésité,
  • dépression,
  • l’inactivité physique,
  • diabète,
  • alcool,
  • un traumatisme crânien,
  • pollution,
  • isolement social,
  • un « mauvais » cholestérol (LDL) élevé,
  • déficience visuelle.

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