La rubrique « Smart Tips » analyse les fréquentes affirmations catégoriques sur l’alimentation, mais faut-il vraiment imposer des interdictions strictes au nom de la santé ?
Pour incarner un Ulysse mince et musclé dans le nouveau film de Christopher Nolan, Matt Damon a suivi un régime sans gluten. Sensible? D’un point de vue nutritionnel, non.
Désormais, les acteurs, les influenceurs et, malheureusement, même certains médecins et biologistes nous ont habitués à des déclarations catégoriques sur l’alimentation : évitez toujours ceci, feu vert pour tel autre, à condition que ce soit à des moments très précis. Mais faut-il vraiment imposer des interdictions aussi strictes au nom de la santé ?
En réalité, les jugements absolus ne correspondent pas à la complexité des études scientifiques sur la nutrition. Et ce n’est pas tout : les impositions risquent de produire de l’anxiété et de la confusion ou, au contraire, une indifférence totale.
Moralisation
La ligne de réflexion sur la tendance à moraliser la table est intéressante,
c’est-à-dire l’habitude d’étiqueter les ingrédients comme « bons » et « mauvais », ce qui conforte le raisonnement polarisant qui génère des audiences à la télévision et des clics sur les réseaux sociaux. Une étude montre que l’application de telles catégories déplace le débat vers l’évaluation des personnes, qui deviennent vertueuses ou coupables selon la façon dont elles mangent.
Les risques
Il faut se démarquer des affirmations telles que « le sucre est un poison », « le lait à l’âge adulte expose à un plus grand risque de cancer »
ou « la farine raffinée est toxique ».
D’abord parce qu’ils sont faux : il n’y a pas d’aliments mortels en eux-mêmes, sinon ils ne seraient pas autorisés à être mis sur le marché. Et puis certaines croyances inflexibles risquent d’être néfastes. Ils peuvent être pour le psychisme, incitant à lutter contre les sentiments de culpabilité et de honte, mais aussi pour la santé physique : des recherches ont montré que trop de limites conduit à
aux fluctuations de poids et aux troubles de l’alimentation comme l’orthorexie, l’obsession d’une alimentation correcte.
Que dire
En résumé, il n’y a aucun aliment à boycotter. Il est exact de dire qu’il y en a qui doivent être consommés plus souvent et d’autres occasionnellement, comme le signalent toutes les lignes directrices pour une alimentation saine. Sans rien diaboliser.
* La revue scientifique est réalisée par Lucilla Titta, coordinatrice du programme Smartfood à l’IEO-Institut européen d’oncologie.
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