À l’ère des plateformes numériques et des applications de copropriété, il peut sembler naturel de penser que même la convocation d’une réunion peut avoir lieu d’un simple clic. Un avis publié sur le site Internet de la copropriété, éventuellement accompagné d’un message sur le tableau d’affichage virtuel, apparaît à plusieurs comme une méthode pratique, rapide et économique.

Mais attention : la loi ne voit pas les choses de la même manière. Et convoquer la réunion de cette manière peut tourner au boomerang. Voyons ce qu’il est important de savoir à ce sujet.

Ce que dit la règle : appel « personnel », pas appel « public »

La référence de départ est l’article 66 des dispositions d’application du Code civil, qui fixe très précisément les modalités de convocation de l’assemblée. Le législateur souhaite que chaque propriétaire de copropriété reçoive une communication personnelle par courrier recommandé, e-mail certifié, fax, remise en main propre avec récépissé.

Il s’agit d’un choix de garantie : il faut avoir la certitude que chaque ayant droit a reçu l’avis et qu’il existe une preuve de la date à laquelle cela s’est produit. Et voici le point critique : un site Internet, de par sa nature, ne garantit rien de tout cela.

Parce que la publication sur le site n’est pas considérée comme valable

Un avis déposé sur la plateforme de copropriété n’atteste ni la livraison ni la réception. Il se peut qu’un propriétaire de copropriété n’accède jamais au portail, qu’il n’ait pas été enregistré ou qu’il ne le connaisse pas. En conséquence, la jurisprudence a rappelé à plusieurs reprises un principe simple : la convocation via le site Internet ou le tableau d’affichage en ligne est invalide et rend annulables les résolutions adoptées. Bref, le montage risque de naître avec un vice de forme.

Seule exception (très rare) : le consentement écrit de chacun

Il existe cependant un cas dans lequel l’assignation numérique peut être considérée comme valable : lorsque tous les copropriétaires, sans exception, ont signé un consentement explicite à l’utilisation d’un système alternatif aux moyens prévus par la loi. Une résolution de la majorité ou de l’assemblée ne suffit donc pas, il faut l’unanimité.

Il s’agit d’une condition tellement rigide que, dans la pratique, cela se produit rarement. Et cela rend l’utilisation du site Web comme seul canal de convocation extrêmement risquée pour l’administrateur et la copropriété.

Quelles conséquences

Si l’appel n’a pas été passé correctement :

  • Les copropriétaires absents peuvent contester la résolution dans un délai de 30 jours, en demandant son annulation ;
  • Dans les cas graves, lorsque la convocation fait complètement défaut, la réunion peut même être annulée.

Un thème qui n’a rien de secondaire, compte tenu de la fréquence à laquelle des dépenses importantes, des travaux extraordinaires ou des décisions délicates pour la vie du palais sont confrontés dans les assemblées.

Le site est utile, mais ne remplace pas les obligations légales

Les plateformes numériques sont un outil précieux et peuvent soutenir (mais jamais remplacer) les formes de communication requises par la loi. Le site peut être un tableau d’affichage mis à jour, une archive de documents, un espace d’information. Mais pour la convocation, une notification personnelle est toujours nécessaire.

Jusqu’à ce que le législateur décide d’actualiser la loi, ce qui est également possible compte tenu de la numérisation croissante, la route

il ne reste plus qu’une seule chose : respecter les procédures établies par l’article 66. Une petite démarche formelle, certes, mais indispensable pour éviter les litiges et sauvegarder la validité de la réunion.

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