« Il fut un temps où l'on posait des questions pour chercher des réponses et on était heureux quand on les obtenait. En tant qu'adulte, on pose des questions uniquement pour trouver la confirmation de ses positions. Redevenez un enfant : demandez encore. Pour le plaisir de savoir ! » (C.S. Lewis). En lisant sa réponse à un lecteur qui manquait les câlins de sa sœur, je me suis souvenu de cette phrase de Lewis, auteur des Chroniques de Narnia. Le fait que les questions des adultes ne commencent jamais par un « pourquoi ? ou un « comment se fait-il? » c'est la démonstration claire qu'ils ne sont pas tendus pour savoir mais seulement pour obtenir une confirmation. Pratique! Notre vie subit une éternelle apposition d'étiquettes puis leur arrachage au bout d'un certain temps : on passe du « maintenant tu n'es plus un enfant ! » à « maintenant tu n'es plus un enfant » à « maintenant que tu es déjà vieux ! ». Catégories définies comme étiquettes ! Alors à 57 ans, arrêteriez-vous d’être des frères cadets ? Ne vous inquiétez pas, très cher et aimable Dr Braghieri, je ne suis pas du tout d'accord. Je n'y suis pas ! Je ne veux pas vous lancer dans la philosophie, mais je vous demande ce qu'est le « temps » ? Pour moi, c'est une unité de mesure comme le mètre, le litre, le kilo, utile uniquement pour éviter de me faire tromper lorsque je vais chez le marchand de légumes et que je demande 1 kg de pommes. Ou quand je dois expliquer au menuisier quelle doit être la longueur de la table que j'ai commandée. Une unité de mesure. L'âge aussi. L'état civil n'en a besoin que pour connaître ma date de naissance. Mais les émotions et les câlins évoqués par le lecteur ne peuvent être rangés dans des catégories ou des unités de mesure kantiennes, ce qui nous rend gris en vieillissant (et je ne parle pas de la couleur de nos cheveux !). C'est pourquoi le monde va en enfer !
Guillaume
Cher William, suivant ton point de vue partageable, même la sœur aînée en question pourrait alors vouloir se sentir comme une fille. Et une petite fille. Au lieu de cela, en plus de faire des câlins à son frère, il doit continuer à subvenir à ses besoins comme s’il s’agissait d’un de ses enfants. Sans jamais possibilité de s’appuyer, à son tour, sur l’un ou l’autre. Il me demande ce qu'est le « temps » et la réponse me semble être un vaste programme.
Disons que je suis d'accord avec vous lorsque vous dites que personne ne peut être empêché de rester en contact avec l'enfant qui est en nous, mais que cet enfant ne peut pas toujours être transporté. À un moment donné, il faut être responsable du visage qu’on a.
