Entre listes d’interdiction expressives et batailles pour la « liberté offensive ». Un langage véritablement politiquement correct devrait nous permettre de ne pas avoir à prendre parti et à nous affronter brutalement.

Aujourd’hui, défendre un langage politiquement correct est une idée imprudente, tant ses partisans semblent faire tout leur possible pour se rendre ridicules, voire insupportables. Mais peut-être est-il nécessaire de le faire, sans avoir à prendre parti ici ou là. Et effectivement un vrai langage politiquement correct cela devrait nous permettre de ne pas avoir à prendre parti et à nous affronter brutalementmais, au contraire, pouvoir nous positionner dans une place confortable pour nous et pour les autres interlocuteurs, longtemps la ligne presque infinie des possibilités expressives. A l’inverse, aujourd’hui des listes d’interdictions de mots sont dressées, d’un côté, et des batailles pour la liberté expressive (et parfois offensante) se livrent, de l’autre. Heureusement, le langage est bien plus puissant qu’une lutte entre « j’aime ça » et « je n’aime pas ça ».

Dans l’un des numéros précédents de Santé des coursiers on en a parlé médecine narrative, c’est-à-dire de la fonction thérapeutique que recouvre, sous diverses formes, le langage. Une « découverte » liée à de nombreuses dynamiques existant dans d’autres domaines : allant des corrélations avec Médecine Chinoise Traditionnelleaux modèles de co-construction de parcours de soinstel qu’utilisé dans les processus de co-planification dans les entreprises ou dans le secteur social, par exemple, jusqu’à aspects thérapeutiques de l’écriture créative, sur lequel il existe une abondante littérature dans des contextes communautaires tels que les écoles, les prisons et les entreprises. Tout est tenu. Raconter, c’est recréer hors de nous, par les mots, ce qui était auparavant en nous., que ce soit une pensée, un sentiment, un inconfort, une maladie. Une fois qu’il est hors de nous, il devient autre que nous et nous pouvons le regarder en face, lui faire face avec de nouveaux outils. Mais surtout, une fois qu’il est hors de nous, il appartient aussi à quelqu’un d’autre, qui nous écoute ou nous lit, pour que le récit devienne le premier outil relationnel. Cependant, tout ne se passe pas toujours bien.

Le langage n’est pas censé être clair (on aurait pu garder la file d’attente pour échanger des messages sans ambiguïté et bien codés) : le langage est un code ambigu, qui offre un large espace de compréhension et d’interaction, mais aussi une vaste zone d’opacité et d’énigmaticité. Dans ce domaine résident de nombreuses communications auxquelles nous sommes exposés au quotidien, comme l’humour, le plagiat, la crainte, l’incompréhension, l’émotion, voire la persuasion, dans certains cas. En bref, le langage est l’instrument du maximum de clarté et du maximum d’obscurité, que chacun manipule et pas toujours avec précaution. Le langage politiquement correct est, en fin de compte, l’intention de mettre consciemment ce soin dans le parler, qu’il apporte avec lui. un « appel aux relations » (et non aux armes), une recherche de coopération à travers le mot juste, pour moi et pour vous aussi, un mot qui vous fait vous sentir mieux, qui permet à chacun de se sentir en bonne santé. Cela ne semble pas impossible.

* Université de Pavie, Comité d’éthique de la Fondation Veronesi

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