L’American College of Sports Medicine a défini l’activité nécessaire pour assurer une neuroprotection suffisante : 150 minutes par semaine d’intensité modérée ou 75 minutes d’activité de haute intensité réparties sur différentes séances.

J’ai 36 ans et je souffre de crises de panique depuis 7 ans. Je prends de l’escitalopram depuis l’âge de 30 ans. Maintenant, je n’ai plus de crises mais à certains moments, je me sens plus nerveux, comme si quelque chose de grave allait m’arriver. J’ai lu que l’activité physique pouvait m’aider à me sentir mieux. C’est vrai?

Giancarlo Cerveri, directeur du Département de santé mentale et toxicomanie, ASST de Lodi répond (ALLER AU FORUM)




















































Les attaques de panique sont des explosions soudaines de terreur, sans cause claire. On estime qu’environ 10 % de la population subit une crise de panique au cours de sa vie, mais seulement 2 à 3 % souffrent d’une forme si fréquente et grave qu’ils peuvent être comptés parmi ceux qui souffrent d’un trouble panique. Le trouble se caractérise par la présence non seulement d’attaques de panique, mais aussi, et avec un impact énorme sur la vie du sujet, par une anxiété d’anticipation (peur d’une nouvelle attaque) et un comportement d’évitement (tout ce que l’on évite de faire par peur d’avoir une nouvelle attaque de panique). Le traitement du trouble panique implique des interventions psychothérapeutiques, avec l’association possible d’interventions psychopharmacologiques avec des antidépresseurs du groupe des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine.

Des sensations redoutées

Les techniques psychothérapeutiques qui se sont révélées les plus efficaces sont les interventions cognitivo-comportementales, qui comprennent, entre autres, l’exposition intéroceptive, une méthodologie de travail avec laquelle des sensations physiques redoutées sont intentionnellement induites (telles que la tachycardie, la dyspnée, la transpiration ou les étourdissements) dans un environnement protégé afin de réduire les peurs qui y sont associées et les comportements d’évitement qui en résultent (tout ce que l’on évite de faire par peur d’avoir une nouvelle crise de panique). Ces aspects liés à l’activation de réponses physiques liées à l’anxiété ont fait l’objet de nombreuses recherches qui ont observé comment les comportements sédentaires présentent des preuves de plus en plus évidentes d’une association avec un risque accru de troubles anxieux.

Sport et neuroprotection

L’American College of Sports Medicine (Acsm) a défini dans des directives spécifiques l’activité nécessaire pour garantir une neuroprotection suffisante : 150 minutes par semaine d’activité d’intensité modérée ou 75 minutes d’activité de haute intensité réparties en différentes séances. De nombreux chercheurs ont tenté de définir la valeur de l’activité physique précisément sur la capacité à activer des expériences intéroceptives physiologiques. La tachycardie, la sensation d’essoufflement, la transpiration et les vertiges lors d’une séance de course intense ne nous font pas peur, tout au plus nous démotivent-ils à continuer.

Intensité sévère

En ce qui concerne la capacité de développer des techniques de stimulation physique plus utiles pour obtenir une meilleure protection contre les troubles anxieux, un groupe de chercheurs a récemment comparé l’effet d’une intervention d’activité physique d’intensité légère à modérée axée sur l’expérience de relaxation avec des interventions physiques comprenant un échauffement, de nombreuses séances répétées d’intensité sévère d’une demi-minute et une phase de récupération. Les résultats montrent, sur un groupe de plus de 100 sujets souffrant de trouble panique, qu’une intervention physique sévère produit un effet plus intense sur la réduction des symptômes. Cette différence a tendance à persister plusieurs mois après l’arrêt de l’intervention.

Réponse au stress

Il semblerait donc que provoquer des réponses physiques pertinentes avec de courtes séances d’intensité sévère puisse aider davantage, par rapport à des séances prolongées d’intensité légère, à réduire les symptômes du trouble panique. En conclusion, pour revenir à votre question, l’activité physique est utile pour réduire l’impact du trouble panique dans votre vie. Dans une habitude de 150 minutes d’activité physique par semaine, il faudra alors privilégier les séances pouvant conduire (évidemment de manière progressive et sûre d’un point de vue médical) à un stress modéré à sévère sur son système de réponse au stress.

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