Les résultats d’une analyse démontrent que si le patient a la possibilité d’observer une action avant de l’exécuter, il est capable d’améliorer sa récupération motrice.

Une étude a été publiée dans la revue Stroke qui rapporte une application clinique importante des neurones miroirs, ces motoneurones phénoménaux qui sont activés à la fois lorsqu’une action est effectuée et lorsque l’on l’observe simplement. L’étude a été réalisée sur des personnes souffrant d’un accident vasculaire cérébral et a démontré que si le patient a la possibilité d’observer une action avant de l’exécuter, il est capable d’améliorer la récupération motrice de la main affectée. Afin de rendre plus visibles les mouvements des sujets étudiés, les chercheurs ont utilisé un environnement de réalité virtuelle, qui amplifie et rend visibles même les plus petits mouvements du patient. La combinaison de l’activation des neurones miroirs grâce à l’observation du mouvement et à la réalité virtuelle produit donc une plus grande récupération motrice par rapport aux exercices de rééducation traditionnels ou à l’utilisation de la réalité virtuelle seule.

L’étude

L’étude a été réalisée au Centre Cardinal Ferrari KOS de Parme, à l’Institut Clinique Quarenghi et à l’Unité Opérationnelle de Neuroradiologie de l’Hôpital Universitaire de Parme, en collaboration avec l’Université de Parme. L’étude comprenait 48 patients atteints d’un accident vasculaire cérébral en phase subaiguë ou chronique, présentant des déficits moteurs du membre supérieur. Les patients ont été assignés au hasard au groupe traité avec le nouveau programme expérimental de rééducation ou au groupe témoin qui effectuait des exercices identiques en réalité virtuelle mais sans la phase d’observation des actions. De cette manière, il a été possible de comprendre la différence de résultat entre les deux techniques. En particulier, il est apparu que les sujets qui suivaient le protocole combiné d’observation de l’action et de réalité virtuelle obtenaient des bénéfices significativement plus importants au niveau de la dextérité de la main affectée par l’accident vasculaire cérébral, bénéfices encore évidents six mois après la fin du traitement. Vous améliorez également la force musculaire et la spasticité. Etant donné qu’une amélioration a également été détectée dans la fonctionnalité de la main qui n’avait pas été affectée, les chercheurs ont pu postuler l’existence d’une implication bilatérale des mécanismes de récupération motrice.




















































Le résultat

«Notre étude a montré que l’observation de l’action, intégrée de manière structurée à la réalité virtuelle, peut améliorer considérablement la récupération motrice de la main après un accident vasculaire cérébral», explique Antonino Errante, premier signataire de l’étude, psychologue chercheur au Département de médecine et de chirurgie de l’Université de Parme. «Ils indiquent également que le cerveau conserve une capacité de réorganisation notable même après un certain temps après l’événement aigu et que les circuits impliqués dans l’observation et l’exécution des actions peuvent être réactivés efficacement grâce à des protocoles de rééducation ciblés».

Scénarios futurs

Les recherches futures sur l’utilisation de ces techniques tenteront de clarifier les mécanismes à l’origine des améliorations observées. «Nous devrions essayer de clarifier ces mécanismes par des approches neurophysiologiques et de neuroimagerie», concluent les auteurs de la recherche, «en utilisant des techniques de stimulation magnétique transcrânienne visant à explorer l’excitabilité corticospinale et la modulation du système moteur. En outre, il sera nécessaire d’examiner la pertinence fonctionnelle à long terme des améliorations bilatérales observées et d’explorer si des systèmes d’observation d’action plus immersifs ou adaptatifs ainsi que la réalité virtuelle peuvent augmenter à la fois l’observance du traitement et l’efficacité thérapeutique.

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