Une potentielle dérive vers une possible perspective de « normalisation » de la neurodiversité, au sens large du spectre du comportement humain, un peu d’anxiété peut aussi la générer

L’administration américaine actuelle accorde une grande attention à l’autisme. De la suspicion selon laquelle certains vaccins peuvent en être la cause, à l'invitation à ne pas utiliser certains médicaments pendant la grossesse car ils peuvent provoquer l'autisme chez l'enfant à naître et bien plus encore. Cela pourrait être lu comme une prise en charge sincère d'un problème majeur, si ce n'était le détail non négligeable que ces déclarations, et les initiatives qui en découlent, ne sont pas étayées par des données scientifiques sérieuses et peuvent causer d'énormes dégâts. Mais au-delà de cette considération évidente, derrière une préoccupation aussi insistante précisément pour l'autisme, il y a peut-être le risque de l'émergence d'un sujet apparemment nuancé, mais qui n'est pas pour cette raison digne d'une réflexion.

Pour soutenir les investissements visant à lutter contre cette maladie, des expressions telles que : « un enfant autiste ne pourra jamais jouer au baseball » et similaires ont été utilisées, entre autres. De là à qualifier de « défectueuse » une personne ayant des difficultés à interagir avec son environnement pour quelque raison que ce soit – physique, intellectuelle ou émotionnelle – n'est peut-être pas un pas très court, mais il peut même ne pas être très long. Ayant dit et réitéré que les maladies doivent être prévenues et traitées autant que possible, une potentielle dérive vers une éventuelle perspective de « normalisation » de la neurodiversité, au sens large du spectre des comportements humains, peut également générer un peu d’anxiété.

Non pas que nous ayons besoin d’évoquer les politiques eugéniques du XXe siècle, mais malgré cette grande attention biologique portée à l’autisme, nous assistons également à l’espoir des représentants de l’élite technologique de poursuivre les normes de « perfection » génétique. En particulier, certains pronatalistes américains semblent plus que jouer avec l’idée d’optimiser les tests génétiques dans les technologies de reproduction pour agrandir les familles tout en sélectionnant des embryons présentant les caractéristiques jugées les plus souhaitables. Serez-vous paranoïaque si un film dystopique vous vient à l’esprit ? GATTACA nous fait éclore ?

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