Jouer, accompagner le petit-enfant à l’école, faire ses devoirs ensemble : les personnes impliquées dans ces activités obtiennent de meilleurs résultats aux tests de mémoire et d’aisance verbale. L’effet disparaît si l’aide est excessive et involontaire
Il existe un moyen simple et amusant de retarder la détérioration cognitive qui peut survenir au fil des années : être grands-parents, une activité qui est en même temps utile à la famille. Ceci est démontré par une recherche publiée dans le magazine Psychologie et vieillissementpremier auteur Flavia Chereches du Département de psychologie du développement de l’Université de Tilburg, aux Pays-Bas. La recherche a révélé que les personnes âgées appelées à accomplir les tâches typiques d’un grand-père ou d’une grand-mère ont, par rapport à celles qui ne sont pas impliquées dans cette activité, de meilleurs résultats aux tests de mémoire et d’aisance verbale, même après avoir apporté des ajustements méthodologiques qui tiennent compte d’autres variables, comme l’âge et l’état de santé initial.
L’analyse
L’important est de participer à au moins certaines des activités typiques des grands-parents : accompagner les enfants à l’école, les aider à faire leurs devoirs, préparer le déjeuner et les collations, les laisser jouer et s’amuser. Mais pour que le bénéfice existe, il est important que la fonction de grand-père ou de grand-mère reste un soutien aux parents présents et responsables, sinon la charge devient excessive et alors l’effet positif tend à disparaître. L’analyse a été réalisée en réexaminant les données anonymisées d’une vaste étude épidémiologique, laÉtude longitudinale anglaise sur le vieillissement qui, de 2016 à 2022, a soumis plus de 2 800 personnes, âgées en moyenne de 67 ans, à une série répétée de tests cognitifs, tout en collectant des informations détaillées sur le type d’activités de soutien auxquelles les grands-parents étaient appelés. La comparaison a été faite avec des personnes âgées qui n’effectuaient aucune activité pour leurs petits-enfants. Pour pouvoir participer à l’étude, les personnes âgées n’avaient pas besoin d’être résidentes d’établissements de soins et devaient être exemptes de déclin mental au moment du recrutement.
Les résultats
La recherche a également montré l’existence d’une différence entre les sexes dans les effets sur la cognition. En fait, les grands-mères semblent bénéficier davantage de l’activité consistant à entretenir leurs petits-enfants, tandis que les grands-parents ont montré des niveaux cognitifs plus élevés que les personnes âgées utilisées comme témoins, mais seulement lorsque des analyses interprétatives spécifiques ont été utilisées, de sorte que les données doivent être considérées comme moins évidentes. La cause de cette différence pourrait résider, selon les chercheurs, dans le fait que, par rapport aux grands-mères, de nombreux grands-pères sont moins habitués à effectuer ces tâches de soutien, et peuvent donc les trouver excessivement exigeantes. «De plus, les données collectées ne nous ont pas permis de savoir si l’aide apportée aux petits-enfants était volontaire ou perçue comme un engagement non désiré. Être grand-parent par obligation peut ne pas susciter les mêmes émotions positives que ceux qui font du bénévolat, et laisser plutôt le sentiment d’une perte d’autonomie. »
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