Dans le Courrier de santé Le 4 juin est évoqué de manière « saine » longévité rapportant les résultats d’une étude démontrant comment exercice et régime peut réduire les « dommages environnementaux » à l’ADN. Traduit : nous ne parlons pas de fausse immortalité, mais plutôt de comprendre comment donner une petite quantité, mais surtout de qualité à nos années. Ce qui pourrait sembler coupablement minimaliste dans un contexte général qui célèbre non-stop les efforts herculéens des personnages qui consacrent de grandes ressources à essayer de vivre éternellement ici et maintenant (en tant que jeunes) même avec des expériences éthiquement exécrables. Si ce n’était pour cela et pour le gaspillage d’argent, ils pourraient être réduits à la catégorie des pathétiques. Ne serait-ce que parce que, même si l’objectif était atteint, quel en serait le résultat ? Une éternelle jeunesse généralisée ou par recensement ? Avec quelles conséquences ?

Les attaques contre les cliniques obstétriques prônées par Giacomo Papi dans son Les premiers sont arrivés à la nage (Einaudi): nous ne sommes pas tous sur la planète, donc interdit de naître! La seconde, magistralement évoquée par Simone de Beauvoir dans Tous les hommes sont mortels (Mondadori) est la malheureuse solitude de quelques « privilégiés » qui traverserait les siècles en laissant derrière lui affections et souvenirs. Il y a des années, lorsque le documentaire «Les immortels», décrivait des scientifiques obsédés par l’arrêt du vieillissement ou son inversion, quelqu’un a brillamment commenté que «inverser le vieillissement, c’est comme vouloir inverser la gravité». Cela dit, force est de constater que personne n’aime vieillir : celui qui dit le contraire se ment à lui-même. Mais c’est une chose de s’engager à bien vieillir, de corps et d’esprit, essayer de se sentir bien et toujours trouver un sens à son existence, une autre chose est de penser à arrêter complètement de vieillir. Qui voudrait mourir alors ? Des scénarios sociaux tragi-comiques seraient préfigurés. On peut déjà imaginer des dirigeants politiques agitant la promesse d’au moins mille ans pour tout le monde ici et maintenant (pas dans un paradis désirable). Merci : les promesses électorales que nous avons déjà nous suffisent.

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