Selon une étude britannique, cet appareil, présent dans de nombreux foyers, permettrait de réduire la pollution dans les habitations. A condition qu’il soit bien nettoyé
Elle est devenue en quelques années la reine de nos cuisines : la friteuse à air. Même si son essor initial s’est atténué, il reste toujours l’un des appareils électroménagers les plus populaires et les recettes et les conseils pour une utilisation plus efficace fleurissent partout. Mais en plus de manger plus sainement, cela peut-il aussi nous aider à réduire la pollution domestique ? La réponse est donnée par des chercheurs de l’Université de Birmingham, en Angleterre, dans une étude publiée dansJournal ES&T Air de l’American Chemical Society.
La cuisine reconstruite pour l’expérimentation
Des scientifiques ont reconstitué une cuisine à l’intérieur d’une chambre conçue pour mesurer les émissions de composés organiques volatils (COV ou VOC de l’anglais Composés organiques volatils) et autres particules ultrafines générées lors de la cuisson et potentiellement nocives pour la santé. Une friteuse à air commune a été utilisée et différents aliments ont été préparés : des frites, des aliments frais faibles en gras et des aliments riches en matières grasses. L’objectif était de quantifier les émissions nocives et de comparer les éventuelles différences entre les aliments cuits.
Les résultats
Les émissions ont été comparées à celles générées par des modes de cuisson plus « traditionnels » comme la friture classique par immersion dans des huiles ou des graisses animales et la poêle avec moins de graisse. Les chercheurs ont analysé les particules nocives pour notre organisme (cétones, aldéhydes et alcènes), constatant que tous les modes de cuisson en produisent une certaine quantité. Cependant, grâce à la friteuse à air, leurs niveaux restent bien en dessous des limites recommandées par le gouvernement britannique. Certains aliments, comme les rondelles d’oignon et le bacon fumé, ont enregistré des niveaux d’émissions polluantes plus élevés. Les chercheurs émettent l’hypothèse que cela est dû à la pré-friture ou à la teneur élevée en matières grasses qui chauffe rapidement. Malgré cela, par rapport à la cuisine traditionnelle, les niveaux de composés organiques volatils sont encore environ 10 à 100 fois inférieurs. Cette étude nous montre que cuisiner avec la friteuse à air améliore la qualité de l’air de notre maison même lors de la préparation d’aliments plus gras.
Et quand la friteuse « vieillit-elle » ?
Les chercheurs ont constaté qu’après de nombreuses utilisations, les émissions de particules nocives augmentaient de 23 % par rapport aux premiers cycles de cuisson. Cette augmentation semble être liée au fait que toutes les parties internes de la friteuse à air ne sont pas accessibles pour le nettoyage. Même dans ces conditions, les émissions restent nettement inférieures à celles de la friture traditionnelle. Ainsi, même un appareil plus ancien continue de s’avérer être un allié sûr pour notre santé. Le professeur Christian Pfrang, auteur principal de l’étude, souligne enfin l’importance pour les fabricants de développer des friteuses à air conçues pour être facilement nettoyées dans tous leurs composants. Ce n’est qu’ainsi, explique le chercheur, qu’il sera possible de toujours maintenir un niveau optimal d’émission de particules nocives, garantissant un impact positif à long terme sur la qualité de l’environnement domestique.
Même l’air de nos maisons peut être pollué
La question de la qualité de l’air intérieur devient de plus en plus cruciale pour la santé publique : entre la maison et le travail, nous passons la plupart de notre temps dans les espaces intérieurs. Cette étude vise à attirer l’attention sur un aspect souvent négligé de notre bien-être : la qualité de l’air que nous respirons dans nos maisons et comment nos habitudes culinaires peuvent l’influencer (plus que nous l’imaginons).
Respirez mieux, en commençant par la cuisine
La recherche ouvre une réflexion importante : cuisiner affecte donc non seulement le goût mais aussi la pollution (ou non) de notre maison. Ainsi, la friteuse à air se confirme non seulement comme une alliée pour notre alimentation mais aussi comme un outil pour améliorer l’air que nous respirons au quotidien.
