Le semi-marathon organisé par FollowYourPassion aura lieu dimanche à Milan et il convient de rappeler aux Milanais qui ne courent pas que les athlètes doivent être applaudis. Au vu des chiffres, ce sera (ou plutôt c’est) une grande fête sportive car plus de 15 000 coureurs au départ sont un spectacle magnifique et il n’y a pas beaucoup de courses qui peuvent se vanter d’un plateau comme celui-ci. Signe que l’événement est un succès auprès d’une foule croissante puisque, par rapport à l’année dernière, il y a plus ou moins 4 000 athlètes de plus au départ. Une grande satisfaction pour ceux qui organisent mais aussi pour une ville comme Milan qui verra arriver des milliers de sportifs accompagnés de leurs familles pour un long week-end dans ses hôtels, ses B&B, ses restaurants, ses boutiques, ses bars et ses pizzerias si l’on considère que plus de sept mille participants sont étrangers. C’est donc une excellente affaire pour tout le monde. Et c’est (ça aussi) la valeur ajoutée d’événements comme celui-ci et ce serait une bonne idée de toujours s’en souvenir.

Surtout à Milan qui n’a jamais eu de bonnes relations avec les coureurs, les marathoniens et les grands athlètes en général. Il y a des villes où on se met moins en colère, d’autres plus. Milan est historiquement l’une des villes les plus « en colère » contre les marathoniens mais en général contre tous les athlètes, et pas seulement les athlètes, qui de temps en temps prennent possession des rues de la ville le temps d’une matinée. C’est une vieille histoire qui perdure depuis les premières éditions du Stramilano qui ont ensuite malheureusement « contaminé » le Marathon de Milan et les autres défis qui se sont présentés sans épargner le Giro d’Italia. Une histoire ancienne faite d’insultes, de disputes aux carrefours, d’œufs jetés depuis les balcons, de gens qui en viennent même aux mains. Un peu triste pour une ville d’envergure internationale qui s’enveloppe dans le rituel d’acheter des pâtisseries le dimanche matin évidemment sans avoir à contourner une barrière. Mais c’est tout.

Milan, Rome, Florence, Tokyo, New York, Boston, Londres, Paris, chaque grande ville possède son marathon participatif, son semi-marathon, son marathon cycliste. Une fierté et une opportunité car les événements sportifs ont toujours apporté avec eux l’idée de voyage, de vacances souvent prises en famille et donc induites et d’argent. Ce qui pour ceux qui ont une maison sur la ligne d’arrivée est une petite consolation qui n’apaise pas la colère, mais pour ceux qui administrent les villes, cela devrait être un bon motif de réflexion et de collaboration avec ceux qui organisent. Pas seulement ça. Les grands événements attirent des athlètes célèbres qui sont un stimulant à l’émulation, notamment en ce qui concerne l’implication des enfants dans les sports de masse. Aujourd’hui, cela se passe ainsi avec Yannick Sinner pour le tennis, pour les JO qui s’apprêtent à arriver mais cela se passe aussi ainsi pour les grands marathons qui envahissent les villes. Le marathon de New York, pour ne citer qu’un exemple, non seulement amène de nombreux spectateurs à applaudir dans les rues mais a attiré des millions de personnes qui restaient auparavant en permanence sur des canapés pour courir toutes ces années.

Par conséquent, une course à pied, un marathon, une course de dix kilomètres sont aussi un investissement qui nous permet d’économiser beaucoup d’argent en soins de santé pour adultes et nous permet d’élever une génération d’enfants sportifs qui, en plus de se sentir bien physiquement et psychologiquement, apprennent du sport les valeurs les plus importantes à partager sur le terrain et pas seulement sur les réseaux sociaux. L’une est avant tout celle de la défaite qui fait partie des choses, de la vie, qui est toujours un point de redémarrage et non de vengeance. Et cela s’applique également aux relations avec les gens, avec une femme, avec une petite amie. Savoir accepter de perdre quelque chose ou quelqu’un vaut plus que beaucoup de bancs rouges, beaucoup de marques rouges sur le visage, trop de rhétorique… C’est aussi pour cela que la ville doit applaudir les marathoniens dimanche…

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