Le diabète n’est plus considéré comme une maladie unique, mais comme un ensemble de pathologies très différentes. Qu’est-ce que cela signifie et pourquoi est-il important de comprendre son hétérogénéité ?

Ces dernières années, nous avons compris que le diabète comprend un spectre de pathologies extrêmement hétérogènes, un ensemble de pathologies ayant des causes, des physiopathologies et des manifestations cliniques différentes. Nous parlons de formes qui varient en termes d’âge d’apparition, de réponse aux médicaments, de risque cardiovasculaire et de complications. Reconnaître cette hétérogénéité est essentiel pour passer d’un traitement « unique » à une médecine personnalisée qui permet de choisir le traitement le plus efficace pour chaque personne, mieux prévenir les complications et améliorer la qualité de vie. Le traitement médicamenteux du diabète évolue constamment.

Quelles sont aujourd’hui les principales options thérapeutiques et quelles sont les nouvelles frontières thérapeutiques qui ouvrent des scénarios prometteurs ?

Ces dernières années, le traitement du diabète a profondément changé. Nous, diabétologues, avons été témoins d’une véritable révolution copernicienne sur les thérapies pharmacologiques possibles. Heureusement aujourd’hui, en plus de l’insuline et des médicaments traditionnels pour réduire la glycémie, nous disposons de nouvelles classes extraordinaires de médicaments tels que les inhibiteurs du SGLT2, les agonistes des récepteurs du GLP-1, le double agoniste des récepteurs GIP et GLP-1, qui non seulement contrôlent le diabète mais protègent le cœur, les reins et le système cardiovasculaire, et en même temps améliorent le contrôle du poids et, dans plusieurs cas, guérissent l’obésité. En outre, les progrès de la biotechnologie ont conduit à des progrès importants dans la qualité des systèmes qui délivrent une insulinothérapie basée sur les besoins métaboliques et le contrôle glycémique du patient. Les nouvelles frontières pointent vers des thérapies de plus en plus personnalisées et « intelligentes », qui allient contrôle métabolique et prévention des complications et pourraient, à l’avenir, inclure des médicaments régénératifs et des approches basées sur l’intelligence artificielle, afin d’adapter au mieux les traitements aux caractéristiques de chaque patient.

Les données du système PASSI montrent que 70 % des personnes diabétiques sont en surpoids, 48 ​​% sont sédentaires, 22 % fument et plus de 90 % ne consomment pas les cinq portions quotidiennes recommandées de fruits et légumes. Quel rôle le mode de vie joue-t-il dans la prévention et la gestion du diabète ?

Ce sont des données alarmantes qui doivent nous faire réfléchir. Le mode de vie est véritablement notre premier médicament contre le diabète. Bouger davantage, avoir une alimentation équilibrée et arrêter de fumer peuvent faire une différence dans la prévention et le contrôle de la maladie. Un régime inspiré du modèle méditerranéen, associé à au moins 150 minutes par semaine d’activité physique modérée, contribue à améliorer le contrôle glycémique, à réduire le poids corporel et à prévenir les complications cardiovasculaires. La correction des habitudes telles que la sédentarité, l’excès de calories et le tabagisme fait partie intégrante de la thérapie. La promotion d’interventions personnalisées et durables au fil du temps représente aujourd’hui l’une des stratégies les plus efficaces pour contenir l’impact croissant du diabète sur la population. Il ne s’agit pas d’interdits, mais de choix conscients et constants qui vous aident à vivre mieux et plus longtemps.

Dans le domaine de la santé, on parle de plus en plus de médecine prédictive et de précision. Est-il vraiment possible de « prédire » le diabète ?

Aujourd’hui, nous pouvons affirmer qu’il est possible, du moins en partie, de prédire le diabète. Grâce à la médecine de précision et aux nouveaux outils d’analyse des données, nous sommes en mesure d’identifier précocement les personnes à risque en évaluant les facteurs génétiques, métaboliques et comportementaux. Cela nous permet d’intervenir avant que la maladie ne se manifeste, avec des stratégies personnalisées en matière de nutrition, d’activité physique et, si nécessaire, de thérapie pharmacologique. Le véritable défi est de transformer ces outils prédictifs en prévention active pour réduire le nombre de nouveaux cas et favoriser une prise en charge plus ciblée et durable du diabète.

Dans le monde, 8,4 millions de personnes souffrent de diabète de type 1, et un demi-million de nouveaux cas sont diagnostiqués pendant l’enfance. La loi 130 de 2023 a établi en Italie un dépistage gratuit et volontaire pour le diagnostic précoce du diabète de type 1 et de la maladie cœliaque dans la population pédiatrique. Un diagnostic précoce, selon des études récentes, réduit de 94 % le risque de complications graves liées à la maladie chez les enfants…

Être capable de « prédire » des maladies chroniques et complexes comme le diabète sucré de type 1 et la maladie cœliaque est fondamental : cette mesure est donc très importante car elle identifie précocement les sujets à risque qui développeront très probablement la maladie dans le futur, et donne la possibilité d’intervenir précocement avec un mode de vie et des thérapies pharmacologiques ou nutritionnelles adéquates, évitant au patient de développer des apparitions aiguës de la maladie, souvent dramatiques et potentiellement dangereuses.

Pensez-vous que ce dépistage devrait devenir obligatoire ou est-il juste de le maintenir sur une base volontaire ?

Je crois que dans un pays comme le nôtre, où la santé publique et le bien-être des citoyens sont une priorité, l’hypothèse de

la rendre obligatoire, notamment dans les familles à risque, où des cas se sont déjà produits. Cela permettrait également un diagnostic précoce, avec de plus grandes possibilités d’intervention et une meilleure gestion de la maladie.

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