0425 novembre
Marathon : que c’est beau le lendemain…
Le lendemain d’un marathon est toujours le meilleur jour. Vous dormez, vous vous levez à loisir, vous bougez un peu péniblement en descendant jusqu’à la salle du petit-déjeuner de l’hôtel mais vous appréciez aussi, dans un certain sens, les courbatures… Après le petit-déjeuner vous reprenez votre promenade dans la ville où vous avez couru la veille, vous revoyez les kilomètres, les ravitaillements, les lieux de fatigue qui ont retrouvé leur normalité habituelle. C’est amusant de parcourir les réseaux sociaux le lendemain d’un marathon. Surtout après le marathon de New York qui, pour ceux qui aiment courir à un rythme élevé, est la mère de tous les marathons. Le lendemain, nous étions tous des héros, fatigués, abasourdis, satisfaits. Des héros qui comptent les minutes et les secondes. Qui mesurent les itinéraires avec le GPS pour faire des comptes qui ne s’additionnent pas. Des héros aux jambes bloquées, aux muscles hurlants, raides, comme n’importe quel Pinocchio descendant les escaliers. Les héros s’arrêtaient au bord des routes. Des héros incertains et au pied sûr, des héros avec le sourire et la joie que seul un rêve conquis peut donner. Il y a un temps pour tout mais il n’y a pas de temps pour le marathon. Deux heures et cinquante minutes ? Trois? Trois quinze, trois et demi, quatre ? Nombres. ET qui s’en soucie de chiffres. Il n’y a pas de temps au marathon car chacun a le sien et c’est le meilleur temps. Forts, très forts, lentement ou en marchant, des athlètes et des coureurs qui pratiquent deux sports différents. Mais ce n’est pas un fait technique. Il n’y a pas de murs à abattre ou à franchir. Le rêve est le même pour tout le monde mais ce sont mille mondes différents. Il y a ceux qui n’abandonnent pas, ceux qui poussent toujours jusqu’au bout, ceux qui doivent être personnels, ceux qui vendraient leur âme pour une minute de moins, ceux qui s’arrêtent si ce n’est pas une mauvaise journée, ceux qui prennent un selfie quelques centimètres après la ligne d’arrivée pour le publier sur les réseaux sociaux, ceux qui font 42 kilomètres et on ne le saura jamais. Il y a ceux qui rient, ceux qui se fâchent, ceux qui pleurent et il y a ceux qui souffrent car il y a aussi mille façons d’exorciser la fatigue. Et c’est toujours là, pour tout le monde. Il y a ceux qui applaudissent, ceux qui franchissent la ligne d’arrivée avec leurs enfants, ceux qui applaudissent les groupes qui jouent, ceux qui applaudissent les Bersaglieri, ceux qui trouvent la force et l’agilité de ne serait-ce que prononcer quelques pas de danse. Il y a ceux qui y croient et ceux qui font semblant de ne pas y croire. Il y a ceux qui disent plus jamais et ceux qui disent jusqu’à la fin des temps… Il faut affronter le marathon, puis il reste en toi et ne te quitte plus. Surtout le lendemain…
