À l'insu de tous, il y a un an et demi, j'ai prêté beaucoup d'argent à mon beau-frère, c'est-à-dire au frère de ma femme. Il m'a dit qu'il avait « mal investi », qu'il était en difficulté et m'a demandé de l'aider et, surtout, de garder la plus grande confidentialité avec sa famille et ses amis sur la situation dans laquelle il se trouvait à ce moment-là. Bien évidemment, il a tout mis en œuvre avec les assurances habituelles « Je vous jure que je vous rendrai tout dès que j'aurai réglé les choses et cela ne devrait même pas prendre longtemps ». Or, c'est vrai qu'un an et demi, dans des situations semblables, ce n'est pas si long. Mais le problème, c'est le niveau de vie que mon beau-frère a désormais repris sans jamais en parler. Je ne lui ai jamais parlé non plus du prêt, encore moins du remboursement. Mais ces derniers mois, je les ai vus : changer de voiture (et quelle voiture, évidemment), faire un voyage avec toute la famille à l'autre bout du monde (uniquement des vols d'affaires et des hôtels cinq étoiles), rénover l'annexe de la maison du lac et annoncer la fin des travaux au « monde entier » avec une fête des mille et une nuits. C'est vrai que je n'ai pas besoin de cet argent et je suis aussi content que les choses aillent mieux pour lui. Mais honnêtement, je suis assez énervé de le voir rager sans me soucier du tout de la dette qu'il me doit. Suis-je un petit homme ?
Philippe

Je ne le dirais pas, Filippo. Et en tout cas, jamais autant que son beau-frère. Je trouve indigne de se lancer dans toutes ces démonstrations pharaoniques de revenus sans avoir au préalable remboursé ses dettes. Aussi parce qu'il n'utilise pas vraiment son argent (et je veux dire le sien, Filippo) pour nourrir ses enfants. Je me demande donc avec quel courage vous croisez son regard derrière les coupes de champagne. À moins que, comme le disait Andreotti « c'est un péché de mal penser mais on réussit toujours », le traitement que son beau-frère lui réserve le prodigue généreusement à d'autres connaissances et vit en fait de l'argent des autres. D'où la vantardise des voitures, des vacances et des fêtes car rien ne garantit le succès comme l'excès.

Et maintenant, il se retrouve probablement dans la position de devoir jeter de la poudre aux yeux de sa famille et de ses créanciers. Donc, si j'étais vous, j'essaierais très discrètement de faire une enquête sur l'état réel des finances de votre beau-parent. Qui sait, puisse-t-elle trouver d'autres Philippes aussi discrets et trompés qu'elle ?

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