Je ne sais pas si vous connaissez les vieux du Muppet Show : ils étaient là à la barre pour juger tout et tout le monde, et surtout pour s’exciter à chaque blague des protagonistes. Bon, ce n’est pas exactement la même chose – puisqu’il faut juste être d’accord – mais visuellement c’est la situation. Le tennis, dans la pratique, semble être devenu un théâtre de marionnettes depuis que le coin du joueur s’est rapproché du terrain et que les conseils sont devenus légitimes. Et donc : discuter pendant le match, mais surtout se lever, coups de poing et applaudissements à chaque instant. A tel point que les joueurs de tennis ne peuvent plus se passer de ça et de la serviette (mais qui devront-ils se sécher après un ace ?).
Eh bien, ça ne sert à rien d’être nostalgique à tout prix. Mais une fois sur le terrain, la mixité se faisait entre les joueurs et le public, et la claque n’existait qu’en Coupe Davis. Et puis, après tout, des gens comme McEnroe, Connors ou Nastase sont aussi entrés dans l’histoire pour les folies qui ont rendu le public fou. Mais maintenant, il n’y en a même plus, pas même un juge de ligne à blâmer, et à tout moment il y a quelqu’un qui vous encourage et vous console sur commande, pourquoi avez-vous besoin d’aller chercher du réconfort dans les compétitions par équipes ? Tout est équipe désormais, et de fait les joueurs parlent avec le pluriel majestatis.
Ainsi, par exemple, si Federer n’avait autrefois à craindre que le look de sa femme, Djokovic a alors pensé à constituer le clan pour s’en prendre si les choses n’allaient pas dans le bon sens. Ou si son tennis n’est pas apprécié comme un devoir. La même chose que, à l’entraînement, Sinner a fait à Paris lorsqu’il s’est adressé à son équipe avec un dur « Je prends la pause et tu ne fais rien… ? ».
Pour l’amour du ciel : des choses qui arrivent à cause de l’adrénaline, et puis il n’y a pas que Jannik, il y a le tennis. Dans lequel la vie est entraînement, matchs, coups de poing et applaudissements, dans un cycle continu. Qui, plus qu’un théâtre de marionnettes, ressemble à une usine à automates.
