La question est apparue avec l’affaire Garlasco. Le médecin explique : « La voix intérieure a différentes fonctions. Cela peut aider à clarifier les idées, à prendre des décisions, à préparer des intentions futures. »
Pour les enquêteurs, l’interception environnementale d’Andrea Sempio sonne presque comme un aveu : il est dans la voiture, seul, et parle des vidéos intimes de Chiara Poggi qu’il aurait vues. Dans la pratique des enquêtes, il existe d’autres cas dans lesquels des accusés, des suspects ou des suspects, croyant ne pas être écoutés, ont commencé à se parler dans leur cellule ou lors d’interrogatoires, laissant filtrer des détails compromettants. Même Ted Bundy, le tueur en série américain, l’aurait fait : selon différents témoignages, il semble avoir tenu à haute voix de longs monologues, reconstituant les détails de ses meurtres.
Parler tout seul n’est cependant pas du tout un symptôme de folie ni un geste inconscient pour « se vider la conscience » : c’est un phénomène très courant, considéré comme normal et même utile. «Cela s’appelle un «dialogue interne externalisé»: au lieu de penser en silence, la personne verbalise à haute voix ses pensées, ses émotions ou ses instructions» explique le psychiatre Claudio Mencacci, directeur émérite des Neurosciences de la Santé Mentale, Asst FBF-Sacco de Milan.
Se parler à voix haute est une pratique répandue : qu’est-ce que cela peut signifier ?
«Oui, c’est un comportement normal et très courant. Le dialogue à voix haute, surtout dans des contextes privés, n’est pas intrinsèquement un acte pathologique ou une confession involontaire, mais plutôt un mécanisme cognitif de simulation : la voix intérieure a différentes fonctions, les gens l’utilisent pour retravailler le passé, préparer des scénarios futurs ou tester des récits (vérité ou mensonges), clarifier des idées et gérer des tensions émotionnelles. Cela aide à améliorer la maîtrise de soi et à réduire l’impulsivité, ainsi qu’à renforcer la volonté.
Pourquoi exprimer ses pensées à voix haute plutôt que de les garder pour soi ?
«Réécrire mentalement certaines scènes, en se demandant par exemple ce que j’ai fait ou ce que j’aurais pu faire, est parfois aussi une tentative de mieux contrôler des tensions émotionnelles restées non résolues. Cela peut aider à clarifier des idées, à prendre des décisions, à réélaborer un événement survenu dans le passé, à préparer des intentions futures. »
L’idée répandue selon laquelle le « sentiment de culpabilité » conduit à s’avouer ses fautes est-elle une simplification ?
«Oui, ce n’est pas une vérité scientifique. N’oublions pas que dans ce cas la personne sait qu’elle fait l’objet de l’enquête : son comportement peut être interprété comme une action délibérée au sein de son « simulateur mental » pour préparer ou gérer la réalité procédurale. Il n’appartient qu’à l’enquête de définir si ce qui en ressort correspond à une réalité objective ou à une fiction, en fonction également du contenu effectivement mis en lumière par l’interception ».
Dans quelle mesure le contexte est-il important ?
«Le sens du soliloque change radicalement selon les situations, surtout lorsqu’un individu se sait surveillé. Il m’arrive souvent que des patients m’appellent depuis leur voiture lorsque nous avons un rendez-vous : l’habitacle est perçu comme un espace personnel par excellence, un lieu sûr et privé, à l’écart de tout le monde. »
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