Le financement repose sur la population active et le taux de fécondité actuel doit être pris en compte. Prévoir une baisse des dépenses publiques de santé et des évolutions éparses du scénario actuel ne suffit pas

La viabilité économique du National Health Service (NHS) dépend de laéquilibre entre les ressources disponibles et les besoins de santé de la population. Les besoins augmentent. L’Italie vieillit et les personnes âgées absorbent de nombreuses ressources. 85% de la population de plus de 75 ans a au moins une maladie chronique et 70% a au moins deux. C’est aujourd’hui, avec une proportion de personnes âgées dans la population égale à 24%. En 2050, les personnes âgées représenteront 30 % de la population, qui aura entre-temps perdu deux millions et demi d’habitants. L’innovation technologique d’aujourd’hui est de plus en plus efficace pour répondre aux besoins de santé latents d’hier. Cela crée des attentes et augmente la demande de services de santé. Les ressources diminuent. Le NHS est financé par des contributions fiscales et représente 7,2 % du PIB. Cela signifie que le NHS compte sur la population active pour se financer qui, avec un taux de fécondité actuel inférieur au taux de remplacement démographique, passera de 64 % actuellement à 53 % du total en 2050.

La prévision donc d’une réduction des dépenses publiques de santé sur le PIB. Nous sommes face à un choix : maintenir un NHS public et universel en prenant des décisions importantes sur la politique et la planification de la santé ou laisser le principe de solidarité être érodé par la logique transactionnelle où essentiellement chacun pensera par lui-même. Nous considérons la première comme la seule option souhaitable. La pérennité économique du NHS est possible s’il s’agit d’un objectif systémique, national et régional, et s’il vise à maintenir la population en bonne santé le plus longtemps possible et à ne mettre en œuvre que des programmes rentables. Pour ce faire, il est nécessaire de financer la prévention et l’éducation avec des incitations et des récompenses pour les professionnels de la santé et les citoyens, et de générer des preuves pour évaluer les coûts et les avantages des choix. Si nous mesurions combien de santé nous pourrions générer à partir des choix que nous faisonsnous serions mieux en mesure d’allouer efficacement les ressources et de planifier leur quantité, leur type et leur logistique pour répondre aux tendances d’innovation démographique, épidémiologique et technologique.

Réfléchissons par exemple à l’avenir des 8 800 cliniques par rapport aux 1 430 maisons communautaires financées par le Pnrrsur les 120 hôpitaux de moins de 50 lits, sur le renforcement du territoire avec les CdC (Maisons Communautaires), les Osco (Hôpitaux Communautaires), les Adi (Soins Intégrés à Domicile), et le Cot (Centre Opérationnel Territorial) et si vous avez le personnel nécessaire pour les faire fonctionner. Pensons aux écoles spécialisées et si elles programment les compétences nécessaires pour un SSN numérique moderne, e axé sur les données. La durabilité ne peut être poursuivie par des changements épars, qui se chevauchent souvent et ne se remplacent pas. Une durabilité qui dure exige une vision, des priorités et des choix. Tout le reste en découle.

* Doyen associé, SDA Bocconi

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