Une étude italienne suggère que l’interface des médias sociaux peut influencer notre façon de penser sur ce qui est bien et mal.

Les plateformes sociales reposent sur des algorithmes qui donnent la priorité à l’engagement des utilisateurs, en privilégiant souvent le contenu émotionnel et extrême. Compte tenu de l’utilisation généralisée des médias sociaux, certains chercheurs se demandent comment l’exposition à ces contenus pourrait changer notre façon de penser.

Une étude menée à l’Université de Bologne et mise en ligne en décembre 2025 sur un référentiel en ligne (une plateforme où les recherches peuvent être déposées en attente d’un examen par les pairs, c’est-à-dire un jugement de validité par d’autres scientifiques) a étudié comment le jugement des participants concernant les dilemmes moraux changeait selon qu’ils étaient proposés sur Instagram ou via une plateforme de questionnaires.
Les dilemmes moraux dans ce cas consistaient en des situations hypothétiques au sujet desquelles les participants étaient invités à prendre une décision, rendue complexe par le fait que tout choix aurait entraîné le sacrifice d’une valeur morale plutôt que d’une autre. Un exemple classique : « Est-il éthique de sacrifier une personne pour en sauver cinq ?

Ceux qui, dans l’expérience, avaient été exposés aux dilemmes en question sur Instagram, ont généralement trouvé plus acceptable de prendre des décisions moralement controversées que ceux qui avaient reçu le même « défi » à travers un questionnaire normal. De plus, les premiers étaient en moyenne plus détendus et déclaraient moins de remords quant à leurs choix.

L’équipe de recherche qui a mené l’étude, composée de Nicola Chinchella, Aldo Gangemi, Alessia Gazineo et Chiara Lucifora, a souligné comment le simple fait d’interagir avec un stimulus sur Instagram, par rapport à d’autres plateformes, change notre façon d’interpréter l’expérience. «Instagram ne change pas notre moralité», dit Lucifora, «mais la façon dont nous abordons les stimuli. Prenons tout plus à la légère. »




















































Non seulement les contenus, mais aussi la manière dont les médias sociaux sont conçus contribuent à modifier notre façon de penser. L’interface sociale, qui privilégie le défilement et la lecture rapide des contenus, présente aux utilisateurs des stimuli très hétérogènes en séquence rapide, comme des vidéos blagues suivies de posts violents ou extrêmes. Le fait que les utilisateurs soient exposés à ces stimuli très divers rend moins probable qu’ils s’arrêtent pour réfléchir à ce qu’ils regardent. La conséquence de cela peut être un aplatissement émotionnel, qui se traduit par une volonté d’accepter plus facilement des actions que dans d’autres contextes nous jugerions contraires à l’éthique.

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