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1425 octobre
Guerre et division du PIB
Une nuit d'avril, une phrase de Geminello Alvi m'est venue à l'esprit et je me suis réveillé en sursaut : «Le capitalisme (…) poursuit le luxe du superflu, mais nécessite l'état de guerre ou l'impression des billets de banque» (ici).
Au cours des onze années comprises entre 2009 et 2020, la banque centrale américaine a « imprimé » six mille milliards de dollars : un déluge de monnaie jamais vu auparavant, si l’on considère qu’au cours des quatre-vingt-quinze années précédentes (1913-2008), la masse monétaire était progressivement passée de cinq milliards à un peu moins de mille (ici).
Après des années de vaines tentatives pour réduire la liquidité en circulation, l’inflation post-pandémique a éclaté et, en 2022, les banques centrales ont fermé les robinets. Le lien entre l’impression des billets de banque et l’état de guerre devient alors automatique.
Dans un article très intéressant sur Krisis (ici), Andrea Zhok écrit : «Le lien entre le capitalisme et la guerre n'est pas accidentel, mais structurel». Le philosophe rappelle que la raison d'être du capitalisme est l'augmentation du capital à chaque cycle de production : lorsque la croissance n'est pas à la hauteur des attentes, les investisseurs se retirent, les marchés se contractent et le système entre en crise.
Zhok note également que «Dans le canon occidental, les guerres mondiales sont caractérisées par des coupables bien définis»et que la plus grande destruction de l’histoire a été suivie du plus grand boom économique.
Au cours des trente dernières années, le capitalisme a tout essayé : mondialisation, délocalisation, robots, fausse monnaie et rationalité comptable. Depuis un an et demi, le tam-tam de guerre qui résonne dans nos médias semble nous rappeler que nous avons désormais gratté le fond du baril.
Il y a cependant un « petit » détail qui devrait nous faire réfléchir : depuis quatre-vingts ans, un Deus ex machina sous la forme d'une bombe atomique. Le capitalisme peut encore invoquer la guerre comme remède, mais aujourd’hui le risque est que l’incendie anéantisse la planète plutôt que de régénérer la forêt.
Pour trouver une issue qui ne soit pas un suicide collectif, la symbiose entre le capitalisme et la guerre devrait devenir un sujet de débat quotidien dans les médias. Et au contraire, l’article d’Andrea Zhok reste un cas plus unique que rare.
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