L’étude, financée par Pfizer, a divisé la population de référence en trois groupes. Le premier groupe était composé de « patients présentant une rechute biochimique à haut risque de cancer de la prostate traités par l’enzalutamide en association avec le leuprolide. Il s’agissait du groupe « en association ». Le deuxième groupe était composé de patients traités par leuprolide seul (le groupe « leuprolide uniquement »), tandis que le troisième groupe recevait de l’enzalutamide en monothérapie (le groupe « monothérapie »).
« Un véritable tournant » pour les patients atteints d’un cancer de la prostate
À long terme, les résultats de l’étude ont été remarquables. Le groupe « associé », qui associait les deux traitements enzalutamide et leuprolide, a vu le risque de décès réduit de 40,3 % après huit ans.
Pour le groupe de thérapie combinée, la survie globale à 8 ans était de 78,9 %. Pour le groupe leuprolide seul, elle était de 69,5 % et pour le groupe monothérapie, la survie globale à 8 ans a atteint 73,1 %, sans différence significative par rapport aux résultats observés pour le groupe leuprolide seul.
Les résultats de cette étude représentent un véritable tournant pour les patients atteints d’un cancer de la prostate, car aujourd’hui de nombreux patients voient leur cancer de la prostate réapparaître de manière agressive et risquent une propagation rapide de la maladie, même après avoir reçu un premier traitement. L’hormonothérapie proposée aujourd’hui aux patients depuis 30 ans n’a pas amélioré la survie, pas plus que les autres traitements.
Cancer de la prostate : une maladie courante et agressive
Rappelons que le cancer de la prostate est le cancer le plus répandu, avec près de 70 000 cas diagnostiqués chaque année. Malheureusement, les causes du cancer de la prostate ne sont pas encore entièrement comprises, ce qui rend la prévention plus difficile. Certains facteurs de risque ont été identifiés. Parmi ceux-ci, l’âge avancé. Le risque de développer un cancer de la prostate augmente après l’âge de 50 ans. D’autres facteurs de risque comprennent les antécédents familiaux, l’origine ethnique, le surpoids ou l’obésité et l’exposition au chlordécone.
Aujourd’hui, deux principaux facteurs de risque ont été établis : l’origine ethnique et l’hérédité.
Les hommes d’origine africaine ou caribéenne, ainsi que ceux ayant des antécédents familiaux de cancer de la prostate, courent un risque accru de développer la maladie. Par exemple, avoir un père, un frère ou un oncle atteint de la maladie, ou un parent proche qui développe un cancer de la prostate à un jeune âge, augmente votre risque. Enfin, un lien très fort est également suspecté entre l’exposition aux polluants chimiques, notamment aux pesticides, et le cancer de la prostate. Ce n’est pas un hasard si cette pathologie est désormais officiellement reconnue comme maladie professionnelle.
Le cancer de la prostate n’apparaît pas à un stade précoce. Les symptômes apparaissent généralement après un certain temps, à mesure que la tumeur se développe. Parmi les symptômes, les premiers signes sont des problèmes urinaires. Si votre débit urinaire est lent, faible ou interrompu, si vous ne parvenez pas à vider complètement votre vessie ou même si vous ressentez une sensation de brûlure, vous devriez consulter un médecin.
En revanche, si vous ressentez des symptômes plus graves, comme du sang dans les urines et/ou le sperme, une dysfonction érectile, des douleurs persistantes au dos, aux hanches ou au bassin, vous devez consulter un médecin au plus vite.
Tumeurs, métastases : quels sont les traitements selon le stade du cancer de la prostate ?
La prise en charge du cancer de la prostate dépend de son stade (localisé, localement avancé, hormono-sensible ou métastatique résistant), de son potentiel d’évolution, de l’âge du patient et des effets secondaires attendus. La première question que l’on se pose est : faut-il le traiter ? Aujourd’hui on ne traite plus les tumeurs localisées avec un risque favorable (score ISUP grade 1 sur biopsies et certaines tumeurs grade 2). Dans ces cas, une surveillance active est mise en œuvre.
Lorsque le cancer risque de progresser, plusieurs options de traitement peuvent être envisagées : ablation de la prostate (prostatectomie), radiothérapie externe, curiethérapie ou, dans certains cas sélectionnés, thérapie focale (ciblée). Une hormonothérapie temporaire de durée variable peut être associée à une radiothérapie en fonction des critères d’agressivité, à partir de stades intermédiaires défavorables. Pour les tumeurs polymétastatiques hormonosensibles, le traitement de référence reste une bihormonothérapie au long cours, qui peut être associée à une chimiothérapie.
Enfin, dans certaines formes métastatiques résistantes à la chirurgie radicale, de nouveaux traitements ont amélioré significativement le pronostic.
Il existe aujourd’hui une telle diversité de molécules efficaces qu’une survie moyenne de cinq ans est atteinte pour les formes métastatiques hormono-sensibles et de trois ans supplémentaires grâce aux thérapies de deuxième intention. Cela représente une espérance de vie moyenne de huit ans, même en présence de métastases. Cela donne un nouvel espoir aux patients, même aux stades avancés de la maladie.
