Pour les personnes fragiles, l’innovation peut jouer un rôle fondamental. Les mesures récentes ne parlent que de télémédecine : il faut plutôt une approche intégrée qui nous permette également de combler le fossé technologique

Le Décret législatif (DL) sur les politiques en faveur des personnes âgées a été approuvé par le Conseil des ministres, mettant en œuvre la loi de délégation no. 53 du 23 mars 2023. L’avenir numérique, notamment pour les personnes fragiles, ces personnes âgées qui trouvent que leur domicile est le meilleur endroit pour être pris en chargeà suivre par le système social et sanitaire et ne voudrait jamais devoir le quitter pour une chambre anonyme dans une résidence médicalisée, mais ce DL semble l’avoir oublié. La question du numérique n’est abordée que pour la télémédecine (et non pour l’aide sociale numérique). Nous oublions la nécessité, l’obligation, de développer les compétences numériques des personnes âgées pour surmonter ce que l’on appelle la fracture numérique, la marginalisation numérique des personnes âgées fragiles.

On parle aussi beaucoup de la relation avec les jeunes, indiquée presque exclusivement au niveau de l’échange unilatéral de compétences, la personne âgée qui transmet des valeurs aux jeunes, en oubliant que les jeunes peuvent servir de passerelle vers le numérique, en disposant également de crédits scolaires spécifiques pour ce support numérique. Sûrement dans cette relation de croissance numérique des grands-parents, ils apprendraient ces valeurs dont les personnes âgées peuvent témoigner. Il y a un manque de références à l’accessibilité aux réseaux comme infrastructure obligatoire dans les résidences pour personnes âgées. Il y a un manque de références aux interfaces et à la convivialité des plateformes du NHS pour les personnes âgées. En résumé, sur les enjeux généraux du numérique ce DL est né vieux, ou plutôt devrions-nous dire être politiquement correctâgé. Enfin, dans le détail opérationnel, le décret ministériel 77 (qui réorganise l’assistance en plaçant la personne au centre du processus) prévoit pour tous, et pas seulement pour les personnes âgées, un projet de santé que le NHS doit mettre en œuvre : pas seulement des traitements, mais la santé.

Dans le décret législatif sur les personnes âgées, tout est inclus dans un système spécialement conçu et non dans le système de soins coordonné via le dossier de santé électronique (DSE). Il est prévu dans le décret ministériel 77 et dans le décret législatif pour les personnes âgées que chaque patient doit disposer d’un plan de santé qui peut être simple ou complexe. Dans l’un comme dans l’autre, il doit y avoir : le Pai (Plan de Soins Individuel), le Pri (Plan de Réadaptation Individuel) et, pour les traiter, il faut une Vmu (Évaluation Multidimensionnelle Unifiée). Si tout cela (PAI, PRI et VMU) n’aboutit pas au FSE, comment allons-nous, spécialistes, faire pour prendre soin d’une personne et pas seulement d’une maladie ? Pai, Pri et Vmu doivent figurer dans le dossier du citoyen, qui est libre de les consulter et de faire leur connaissance. C’est l’occasion d’amener l’ESF vers le dossier socio-sanitaire électronique, l’ESF, dont rêve le monde social.

* Vice-président et responsable des relations institutionnelles AiSDeT, association italienne de santé numérique et de télémédecine

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