les sujets souffrant d’insomnie ont tendance à tomber malades avec une fréquence élevée de dépression majeure, mais il existe aussi le lien inverse : les personnes souffrant de dépression présentent souvent l’insomnie comme symptôme

Je souffre de nervosité et de somnolence depuis quelques jours et je ne dors pas bien la nuit. Quelle peut être la raison? Et que puis-je faire pour aller mieux ?

Il répond Giancarlo Cerveridirecteur de l’unité opératoire du complexe de psychiatrie ASST de Lodi (ALLER AU FORUM)

L’insomnie est une condition très courante: on estime qu’environ 10% de la population en souffre. Il est important de rappeler quelques règles simples pour le définir comme un état pathologique. Il ne suffit pas de passer deux nuits sans dormir pour se qualifier d’insomniaque. Les manuels de diagnostic indiquent que pour la définir comme un état pathologique elle doit être intense (au moins 3 fois par semaine) et prolongée (au moins 3 mois). Une condition de ce genre produit des dommages dans la vie quotidienne tels que des difficultés de concentration et une diminution des performances au travail ou à l’école. Ils sont ajoutés souvent phénomènes d’irritabilité. Si tout cela s’applique à l’insomnie prise comme un élément unique de l’individu, détournant le regard et considérant l’ensemble du fonctionnement psychique de la personne, il s’avère que il existe un lien intense et bidirectionnel entre insomnie et pathologie psychiatrique.

Insomnie et dépression

Il existe maintenant des données consolidées montrant que l’insomnie est un facteur indépendant capable d’induire un risque accru de développer une maladie dépressive. En résumé, les sujets souffrant d’insomnie ont tendance à tomber malades avec une fréquence élevée de dépression majeure. Le lien inverse est alors vrai, c’est-à-dire les personnes souffrant de dépression ressentent souvent l’insomnie comme symptôme, qui se manifeste parfois comme l’expression initiale du trouble. D’un point de vue biologique, ce lien est totalement prévisible. Les deux états pathologiques (insomnie et dépression) insistent sur le même organe (le cerveau) et inévitablement la présence de l’un facilite aussi l’expression de l’autre. Ce lien existe également, bien que sous des formes différentes, avec d’autres pathologies psychiatriques telles que le trouble bipolaire et la schizophrénie.

Le sommeil est un outil de guérison

Pour ces raisons les psychiatres ont toujours traité de la pathologie du sommeilont toujours accordé une grande attention aux troubles du sommeil en tant que symptômes et à l’insomnie en tant que facteur de risque. Dans une approche correcte de la personne, investir dans un sommeil de qualité, c’est améliorer la santé de l’individu car le sommeil, s’il est de bonne qualité, devient un outil de traitement très important. Il existe de nombreuses options qui peuvent travailler sur l’insomnie: interventions comportementales, modification des habitudes de vie (activité physique, alimentation, consommation d’alcool et de café) et pharmacologiques. Je vous conseille donc de contacter votre médecin de confiance pour trouver une solution adéquate au problème.

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