Les inégalités régionales persistent dans l’accès aux services qui relèvent des niveaux d’assistance essentiels. Les demandes (et propositions) du secteur orthoprothétique : « Entamer un chemin partagé pour la réforme de l’assistance prothétique »

Prothèses, orthèses, aides qui améliorent l’état de santé et la qualité de vie des patients atteints de maladies chroniques, de personnes âgées, de personnes handicapées ou présentant des pathologies neuromotrices ou des complications diabétiques ou des pathologies dégénératives ou résultant d’une amputation d’un membre. Avec l’aide des « bons » appareils, vous pouvez marcher, travailler et conserver votre indépendance. C’est pour cette raison qu’ils sont considérés comme des « niveaux d’aide essentiels » par l’État. (Léa), c’est-à-dire qu’ils doivent être garantis tous les citoyens qui en ont besoin, quel que soit leur lieu de résidence, et sont prescrit par le Service National de Santé. Mais ce n’est pas toujours le cas. En effet, des inhomogénéités régionales persistent tant dans les critères de qualification des structures qui les dispensent que dans les modalités de prestation des services et même dans l’interprétation des règles, avec pour conséquence des différences dans l’accès aux soins et dans la qualité des soins.
Ce sont quelques questions critiques signalées par la Fédération italienne des techniciens orthopédiques (FIOTO), l’Association technico-scientifique des techniques orthopédiques (ANTOI ets) et la Commission du Registre national des techniciens orthopédiques, lors de la conférence « Assistance prothétique et LEA – Vers une réforme juste et durable du système », promue au Sénat à l’initiative du sénateur Bartolomeo Amidei.
D’où la demande aux institutions de constituer une table technique permanente pour entamer un « parcours partagé de réforme de l’assistance prothétique », également « à la lumière des évolutions réglementaires, technologiques et organisationnelles de ces dernières années ».

Des appareils « sur mesure », « fruit d’une démarche de santé »

«Les LEA ne sont pas une liste technique et l’assistance prothétique ne représente pas un secteur marginal de la santé publique mais un domaine à très fort impact social, qui affecte directement l’autonomie de la personne, la prévention des complications, la réduction des hospitalisations évitables et la durabilité même du système de santé – a souligné Nicola Perrino, président de la Fédération italienne des opérateurs techniques orthopédiques –. Pourtant, ce secteur vit depuis des années dans une situation de suspension réglementaire, technologique et tarifaire. La récente décision du TAR du Latium sur le nouveau système tarifaire pour l’assistance prothétique a mis en évidence une fois de plus la nécessité d’aborder cette question avec une approche cohérente avec la réalité technique et organisationnelle du secteur. – dit Perrino –. La FIOTO a jugé nécessaire de contester cette disposition, non pas pour entraver une réforme attendue depuis des années, mais pour souligner une criticité méthodologique fondamentale : la construction des nouveaux tarifs n’a pas été soutenue par une analyse structurée et transparente des coûts réels de production des dispositifs médicaux personnalisés. Le problème n’était pas simplement économique, mais méthodologique, car un dispositif personnalisé n’est pas la somme de matériaux, mais le résultat d’un processus de santé complexe qui comprend l’évaluation, la conception, la personnalisation, la production, les tests, l’adaptation et la prise en charge » a précisé Perrino.




















































« Mesurer les résultats fonctionnels »

Cela a été repris par Giuseppe Tombolini, président de l’ANTOI ets-Association Technique Scientifique de Technologie Orthopédique : « Si l’on pense par exemple à un patient neurologique, une orthèse ne sert pas simplement à soutenir un membre mais sert à modifier la cinématique, l’équilibre, la sécurité, la consommation d’énergie, la qualité de vie. Et tout cela nécessite des compétences avancées, une mise à jour continue, une intégration multidisciplinaire. C’est pourquoi la nomenclature doit évoluer d’un catalogue d’appareils vers un système de reconnaissance des processus de soins. L’assistance prothétique n’est pas une simple « fourniture d’appareils » : nous ne distribuons pas d’objets, mais nous construisons des parcours cliniques – a souligné Tombolini -. Et c’est là la question centrale que la nomenclature tarifaire, telle qu’elle est conçue, n’est plus en mesure de représenter. Un dispositif médical sur mesure ne peut plus être interprété comme un simple produit artisanal à livrer, mais fait partie intégrante d’un acte de santé. Sa véritable valeur réside dans l’expertise qui transforme cet appareil en efficacité clinique. C’est pourquoi nous devons nous demander : ce dispositif a-t-il réduit le risque de chute ? Le voyage s’est-il amélioré ? A-t-il évité une déformation ? Est-ce que cela a réduit les hospitalisations ? Est-ce que cela a ralenti une aggravation ? Est-ce que cela a permis à un enfant de mieux se développer ? La durabilité, pour le Service National de Santé, ne naît pas d’une réduction linéaire des tarifs, mais de la capacité d’éviter les complications, les interventions chirurgicales, les hospitalisations, la perte d’autonomie et les futurs coûts sociaux » a souligné Tombolini.
D’où la proposition selon laquelle « la future mise à jour des LEA devrait s’appuyer sur des preuves scientifiques validées et sur la mesure des résultats fonctionnels ».

Bilan organique du Léa

Selon Fioto, Antoi et la Commission nationale du registre des techniciens orthopédiques, il est donc prioritaire de « lancer une révision organique des niveaux essentiels d’assistance prothétique » en reconnaissant, entre autres, la « valeur sanitaire de l’ensemble du parcours de soins ».

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