90 % des cas sont dus à un excès de rayons ultraviolets. La chaleur torride en été et les températures élevées dès le début du printemps augmentent le risque de brûlures

Les chiffres sont sans équivoque : le mélanome est le troisième cancer le plus répandu dans notre pays avant 50 ans, chez les deux sexes. Les cas augmentent régulièrement depuis des années. Plus encore : en 20 ans ils ont plus que doublé, les dernières statistiques font état de près de 15 mille nouveaux cas par an. Même si l’on parle beaucoup de prévention, il reste encore beaucoup à faire. Paolo Ascierto, directeur de l’unité d’oncologie des mélanomes de l’Institut Pascale du Cancer de Naples, le souligne à l’occasion de la Journée nationale dédiée à cette tumeur qui est célébrée le 2 mai : « Nous devons également considérer que les changements du climat et de nos habitudes (avec de nombreuses occasions de s’exposer au soleil hors saison pour des voyages vers des destinations tropicales ou des vacances « éclair ») multiplient le risque de coup de soleil, qui est le plus grand facteur de risque de cancer de la peau ». La première règle qui sauve des vies est de faire attention aux grains de beauté : s’ils changent de couleur, de forme ou de taille, il faut les faire examiner par un médecin, tout comme c’est une bonne idée de montrer au dermatologue un « vilain petit canard », c’est-à-dire un grain de beauté étrange, différent de tous les autres, peut-être apparu récemment.

9 cas sur 10 dus à un excès de rayons UV

Mais il y a plus. Les températures très élevées enregistrées en été, la chaleur soudaine à laquelle nous sommes exposés dès les premiers jours du printemps, le puissant mélange nocif de smog et de surchauffe sont désormais un fait auquel notre peau doit faire face. «Il est important de se rappeler de toujours utiliser un écran solaire, car la probabilité de se brûler est beaucoup plus élevée et se brûler, même une fois tous les deux ans, peut tripler le risque de mélanome – souligne Ascierto, professeur d’oncologie à l’Université Federico II de Naples et président de la Fondation Melanoma Onlus -. Près de 9 cas sur 10 sont liés à une exposition excessive aux rayons UV. Ce n’est pas seulement une question de journées chaudes et ensoleillées : les rayons UV peuvent être suffisamment puissants pour endommager la peau de la mi-mars à la mi-octobre, même lorsque le ciel est nuageux ou que le temps est frais. »





















































Crème solaire et faux sentiment de sécurité

C’est pourquoi il faut augmenter la protection et, en plus de la crème, faire attention aux vêtements. C’est ici qu’est née la nouvelle campagne de sensibilisation de la Melanoma Foundation, visant à dissiper les faux mythes sur l’exposition au soleil et à promouvoir les vêtements comme premier véritable équipement de protection individuelle. «Les filtres solaires à indice de défense élevé ne suffisent pas, comme le démontrent diverses études internationales – explique l’oncologue -. Des chercheurs de l’Université McGill mettent en garde contre le dangereux « paradoxe de la crème solaire », un phénomène selon lequel l’utilisation d’écrans solaires procure un faux sentiment de sécurité, amenant les gens à s’exposer plus dangereusement au soleil. Les scientifiques ont croisé les données de deux études, dont une menée au Canada (publiée dans la revue Cancers) et l’autre basé sur les données de la UK Biobank (publiées dans la revue Épidémiologie du cancer, biomarqueurs et prévention) et un fait surprenant est apparu : l’utilisation d’un écran solaire était associée à un risque plus que doublé de développer un cancer de la peau. La crème solaire est essentielle, mais elle ne constitue pas une « autorisation de rôtir » au soleil. La plupart des gens n’en appliquent pas suffisamment ou sont exposés aux rayons UV pendant des heures après la première application. Les vêtements, en revanche, ne se périment pas, ne s’enlèvent pas avec la sueur et offrent une protection physique constante que la lotion, souvent mal appliquée ou en quantité insuffisante, ne peut garantir.

Vêtements, lunettes, chapeau

Et en parlant de vêtements, une autre enquête commandée par Cancer Research UK souligne que la façon dont nous choisissons de nous habiller, en particulier pendant les mois les plus chauds, peut également déterminer les zones du corps dans lesquelles nous sommes plus susceptibles de développer un mélanome. Les données montrent une nette différence entre les sexes : chez les hommes, deux mélanomes sur cinq (environ 40 %) sont diagnostiqués au niveau du dos (dos, poitrine et abdomen), liés à la tendance masculine à être torse nu à l’extérieur ; tandis que chez la femme, plus d’un tiers des cas (35 %) apparaissent sur les jambes, souvent découvertes par des jupes et des shorts et pas toujours protégées par des crèmes. La campagne Melanoma Foundation se concentre donc sur 5 conseils pratiques :
1) Optez pour des chemises à manches longues en lin ou en coton léger et des pantalons longs à la coupe fluide. Couvrir les bras et les jambes avec des tissus naturels permet à la peau de mieux respirer que l’exposition directe au soleil, ce qui augmente la température corporelle et le risque de coup de soleil.
2) Couleurs sombres et lumineuses : le blanc protège moins que le noir. Les couleurs sombres ou les teintes vives (rouge, bleu marine) absorbent mieux les rayons UV que les tons pastel, les empêchant de pénétrer.
3) Monture enveloppante : les yeux et le contour des yeux sont extrêmement vulnérables. Toutes les lunettes de soleil ne protègent pas réellement : des verres trop clairs ou dépourvus de filtres conformes peuvent être contre-productifs, car ils provoquent une dilatation de la pupille, laissant passer davantage de rayons UV. Choisissez la monture « enveloppante » : les modèles latéraux plus larges ou enveloppants empêchent les rayons réfléchis (du sable, de l’eau ou de l’asphalte) de s’infiltrer sur les côtés, protégeant ainsi la peau fine du contour des yeux, où la crème solaire n’est souvent pas appliquée correctement.
4) L’accessoire qui sauve la face : un chapeau à larges bords (au moins 7 cm) est indispensable. Il protège les zones critiques et souvent oubliées comme les oreilles, le cuir chevelu (surtout chez les hommes) et la nuque.
5) Recherchez le label UPF : Tout comme les crèmes ont un SPF, de nombreux vêtements techniques ont un UPF (facteur de protection contre les ultraviolets). Un vêtement UPF 50+ bloque 98 % des rayons UV, vous rendant pratiquement invulnérable.

Vous avez un doute ou une question médicale ?

Nos médecins et spécialistes répondent à vos questions sur des sujets de santé

A lire également