Une alimentation prudente, c'est-à-dire riche en fibres provenant de fruits, de légumes et de céréales complètes, et pauvre en graisses saturées, en sucres raffinés et en viande rouge, est associée à un risque moindre de complications diverticulaires.
Quels fromages peut-on manger si on souffre de diverticules ? Et, de manière générale, quel est le régime alimentaire recommandé dans ces cas-là ?
Vincenzo Craviotto, spécialiste en gastroentérologie, Institut Clinique Humanitas, Milan répond (ALLER AU FORUM)
Dans le cadre d'un régime alimentaire destiné aux personnes souffrant de diverticules, il n'existe pas de fromages « interdits » ou « autorisés » au sens absolu. La littérature scientifique n'indique pas les produits laitiers comme facteur de risque ni pour l'apparition de diverticules ni pour le développement d'une diverticulite. Cependant, comme les maladies diverticulaires ont tendance à être plus fréquentes chez les personnes qui suivent un régime pauvre en fibres et riche en graisses saturées ou en viande rouge, il est conseillé que la consommation de fromage soit également équilibrée. Les fromages peuvent donc être consommés avec modération, en privilégiant les variétés moins grasses (ricotta, crescenza, fromage blanc ou fromages affinés maigres) et en limitant les fromages très gras et salés, comme le gorgonzola, le pecorino affiné ou certains fromages bleus.
Régime riche en fibres
L'élément vraiment important, plus que le type de fromage, est l'alimentation globale : une alimentation prudente, c'est-à-dire riche en fibres provenant de fruits, de légumes et de céréales complètes, et pauvre en graisses saturées, en sucres raffinés et en viande rouge, est associée à un risque moindre de complications diverticulaires. Au contraire, une alimentation « occidentale », riche en viandes transformées, en fritures et en snacks industriels, est associée à une plus grande incidence de diverticulite. Parallèlement à l'apport en fibres, l'apport d'eau abondante et régulière tout au long de la journée est fondamental.
Que faire dans les phases aiguës
Pour exercer leur effet bénéfique sur la motilité intestinale, les fibres ont en effet besoin d'eau : un apport insuffisant peut avoir l'effet inverse et favoriser la constipation. Dans les phases aiguës de la diverticulite, lorsque l'intestin est enflammé, un régime plus léger, avec une teneur réduite en fibres, peut être indiqué jusqu'à disparition des symptômes. Dans ces circonstances, il est conseillé de suspendre temporairement les fromages plus solides et gras, en préférant les préparations molles et facilement digestibles. Après la phase aiguë, il est utile de réintroduire progressivement les aliments riches en fibres pour éviter les rechutes.
Régularité intestinale
Un autre point souvent mal compris concerne les noix, les graines, le pop-corn ou les fruits à petites graines (comme les kiwis, les fraises, les tomates) : pendant des années, on a cru qu'ils pouvaient bloquer les diverticules, mais les études les plus récentes ont réfuté cette hypothèse. Ces aliments, s'ils sont bien tolérés, peuvent faire partie d'une alimentation équilibrée et même contribuer à un apport correct en fibres. En fin de compte, le véritable objectif n’est pas d’éliminer un seul aliment, mais de construire des habitudes alimentaires qui favorisent la régularité intestinale et la santé du côlon à long terme.
