Third Space, de plus en plus autonome mais en sécurité – Le blog de Viviana Persani

2125 novembre

Third Space, de plus en plus autonome mais en toute sécurité

Dans l’enfance et la préadolescence, il existe un besoin souvent peu reconnu : disposer de moments et de lieux entre pairs, libres mais sûrs, où construire une autonomie et des relations authentiques. C’est l’objet de la recherche promue par Ringo, en collaboration avec AstraRicerche, qui étudie comment les enfants et les jeunes de 7 à 14 ans vivent le temps libre, l’utilisation du numérique et la surveillance d’adultes en dehors de la maison et de l’école.

La photographie qui en ressort raconte des journées marquées par les devoirs, le sport et la télévision. 66 % des préadolescents consacrent au moins une heure aux études et aux devoirs, tandis que le sport et la télévision concernent 52 % de l’échantillon. Entre les deux, le temps passé avec les amis façonne les relations et la construction de l’autonomie personnelle. Le Troisième Espace prend ainsi forme dans des lieux de proximité – cours d’écoles, terrains de sport, bibliothèques, bancs – dont l’importance pour l’autonomie et l’indépendance est reconnue par 87 % des parents, convaincus qu’il renforce également les compétences sociales (66 %). Mais dans la pratique, les moments sans surveillance d’un adulte ne sont enregistrés que dans 33 % des cas, un pourcentage qui monte à 47 % entre 13 et 14 ans, freinés par les craintes liées à la sécurité physique, à la « mauvaise compagnie » et au contrôle en ligne.

Les moments d’autonomie ne se développent plus uniquement de l’extérieur. Près de la moitié des préadolescents (44 %) utilisent Internet, qui devient en effet un nouveau Tiers Espace. L’attention des garçons et des filles est surtout captée par les réseaux sociaux (59 %), notamment par les courtes vidéos sur YouTube et TikTok. À la préadolescence, l’utilisation du web se développe : entre 11 et 14 ans, il entre dans les études (47 %) et devient le principal moyen de rester en contact avec ses amis (46 %), plus qu’entre 7 et 10 ans. Les plus grands surfent plus souvent seuls, tandis que les plus jeunes le font accompagnés de leurs parents.

« Cette recherche révèle toute la vérité sur la complexité éducative actuelle. Les parents sont conscients des risques liés à une utilisation excessive d’Internet et en même temps ne font pas confiance au monde réel, perçu comme inhospitalier et dangereux. En même temps, ils reconnaissent que l’autonomie individuelle et sociale des enfants et des préadolescents ne peut se développer qu’à travers des expériences de jeu et de socialisation hors du contrôle des adultes – commente le psychologue et psychothérapeute Matteo Lacini. Les activités scolaires, sportives et récréatives ne suffisent pas, il faut aussi une expérimentation progressive de soi-même dans le monde. l’agrégation entre pairs. Les relations amicales en l’absence d’adultes sont fondamentales pour la croissance. C’est pourquoi nous, les adultes, devons les laisser partir et ne pas nous contenter de nous organiser.

Dans cet équilibre entre lieux physiques, groupes de pairs et espaces numériques, se joue une part importante de la santé émotionnelle et relationnelle des nouvelles générations : construire des Tiers Espaces sûrs et inclusifs, c’est accompagner leur autonomie, sans renoncer à la protection.

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