Certaines personnes souffrent de « gel du cerveau » qui semble être héréditaire. Comment l’éviter et quels problèmes de santé cela peut accompagner

Il s’agit d’une douleur aiguë et atroce qui semble venir des profondeurs du cerveau : les maux de tête liés à la glace sont plus fréquents qu’on ne le pense et mettent ceux qui en souffrent dans la position embarrassante de devoir s’arrêter en proie à un pincement au front ou aux tempes, en attendant que cela passe.

C’est ce qu’on appelle à juste titre un mal de tête lié à la glace, car il est lié à la consommation d’aliments froids… trop rapidement.
Les scientifiques l’appellent ganglionévralgie sphénopalatine ou mal de tête provoqué par le froid, et elle est causée par un refroidissement rapide du palais (ou de la partie la plus profonde de la gorge). Le refroidissement provoque une contraction rapide des vaisseaux sanguins, qui sont ensuite obligés de se dilater à nouveau pour rétablir la circulation sanguine. Cette altération soudaine des vaisseaux stimule les récepteurs de la douleur présents sur les parois des vaisseaux sanguins qui se jettent dans le nerf trijumeau, le nerf responsable du traitement de la douleur provenant du front et du visage.




















































Qui frappe

Ce phénomène ne touche pas tout le monde : Irene Toldo, professeur de neurologie et de pédopsychiatrie à l’Université de Padoue, et ses collègues ont examiné quarante années d’études scientifiques sur les maux de tête liés à la glace, découvrant qu’ils semblent héréditaires et qu’ils semblent affecter de manière plus aiguë les personnes souffrant de maux de tête et de migraines sévères (et les jeunes).

Utile pour la science

C’est précisément dans le domaine des migraines que les maux de tête provoqués par la glace se sont révélés utiles à la science : bien qu’une femme sur six souffre de migraines, comme un enfant sur onze et un homme sur dix, il est toujours difficile pour les chercheurs de surveiller une crise avec une IRM ou un scanner, car les maux de tête sont imprévisibles et souvent si atroces qu’ils rendent difficile l’accès des volontaires au laboratoire.

Ensuite, le mal de tête froid a été utile car il peut être provoqué à volonté avec de la glace (ou des boissons froides) et parce qu’il affecte le même complexe nerveux qu’une crise de migraine, le nerf trijumeau, il peut servir de modèle scientifique dans une IRM ou un scanner pour une crise de migraine. La congélation du cerveau aurait notamment aidé les scientifiques à identifier le rôle du flux sanguin et de divers complexes nerveux.

Sur le plan pratique, pour éviter les maux de tête provoqués par le froid, il suffit de laisser au palais le temps de se réchauffer un peu entre une dégustation et une autre et, le moment venu, vous pourrez utiliser la partie inférieure de la langue pour réchauffer le palais ou un doigt, ou une boisson chaude.

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