Le partage des repas est inhérent à la nature humaine et aux traditions. L’Italie est première au classement pour la convivialité, un « super pouvoir » qui peut également réduire le risque de dépression et de démence
La longévité entendue comme des années vécues en bonne santé a aussi parmi ses ingrédients celui de la convivialité, le plaisir de se retrouver en compagnie pour partager un repas.
C’est une pratique dans laquelle les Italiens sont passés maîtres (voir ci-dessous, éd.) qui peut réduire le risque de dépression et protéger contre la démence.
La science le prouve
Le cerveau est social et la littérature scientifique de ces dernières années a démontré, dans diverses études épidémiologiques, que la sociabilité est centrale au bien-être en général et en particulier aux personnes âgées.
Mais le simple fait de s’asseoir à la même table avec des amis ou des proches a quelque chose de magique pour la santé : l’une des dernières études sur le sujet est celle réalisée en 2025 par des chercheurs japonais qui ont découvert que les personnes qui mangent régulièrement seules ont un volume cérébral réduit dans des régions clés associées aux fonctions cognitives. Les auteurs ont émis l’hypothèse que le plaisir et le soutien social accru résultant des repas partagés pourraient soulager le stress (un facteur de risque connu de déclin cognitif), et que les conversations pendant les repas pourraient fournir une stimulation mentale supplémentaire pour maintenir le cerveau actif jusqu’à un âge avancé.
Bonheur
L’une des preuves les plus convaincantes en ce sens vient du World Happiness Report, un rapport international annuel qui mesure et compare le bien-être perçu par les populations de nombreux pays. Il est publié par Centre de recherche sur le bien-être de l’Université d’Oxford, en collaboration avec Gallup, le Réseau de solutions de développement durable des Nations Unies et un comité de rédaction indépendant.
Jan-Emmanuel De Neve, professeur d’économie et de sciences comportementales à l’Université d’Oxford, co-auteur d’un chapitre sur l’importance de la commensalité dans le dernier rapport, a mené une analyse spécifique sur les repas partagés et a constaté que plus les gens partageaient de repas avec d’autres, plus leur score aux mesures standards de bien-être émotionnel était élevé : « C’était autant un indicateur de satisfaction dans la vie que la situation professionnelle et le revenu relatif d’une personne », a-t-il déclaré en rappelant l’origine du mot. entreprise du latin sperme+panis« celui qui mange du pain avec un autre » et le terme chinois similaire heinǒbun qui provient d’une unité militaire qui partage la même cuisine.
Le rôle de l’Italie
Le World Happiness Report a souligné que les habitudes alimentaires varient considérablement d’un pays à l’autre et a cité l’Italie comme une nation qui a fait de nombreux efforts pour préserver sa culture de convivialité.
En moyenne, les Japonais mangent moins de quatre repas ensemble par semaine. Au Royaume-Uni et aux États-Unis, ce chiffre se situe autour de sept ou huit, tandis qu’en Italie, il est plus proche de neuf.
L’Italie, indique le rapport, est réputée pour sa culture gastronomique et conviviale. Lorsque l’UNESCO a accordé à la cuisine italienne le statut de patrimoine culturel immatériel, l’organisation a souligné le rôle crucial que jouent les repas dans « le lien avec la famille et la communauté, à la maison, à l’école et lors des fêtes, cérémonies et rassemblements sociaux ».
La même « pyramide alimentaire italienne » développée par la Société italienne de nutrition humaine (SINU) inclut la convivialité parmi les aspects associés au modèle alimentaire, aux côtés de l’activité physique, de l’hydratation et de la réduction des déchets (voir l’image ci-dessus, ndlr).
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