Un voyage extraordinaire du XIXème siècle à nos jours pour retracer l’histoire de la photographie avec un autre regard, car « Il n’existe pas de regard féminin, mais plusieurs regards féminins »(Clara Bouveresse).

Sous la direction de la journaliste Laure Adler et de l’historienne de l’art Clara Bouveresse, Les photographes sont dangereux (Contraste) c’est un carrousel d’images, de noms et de voix d’artistes qui ont su s’emparer de la narration photographique et qui se sont souvent heurtés aux préjugés contre les femmes artistes.

Depuis la naissance de la photographie, les femmes ont activement participé au développement de ce langage. Après tout, la photographie était au départ une profession jeune et agile, pas nécessairement prestigieuse ou exclusive ; une activité créatrice. Initialement engagées avant tout dans le portrait, les femmes ont utilisé de plus en plus après la Première Guerre mondiale la photographie comme outil d’investigation sociale et politique, précisément parce qu’elle est un langage libre, flexible et non standardisé.

Dans une sélection de 68 visages et images, Laure Adler et Clara Bouveresse parlent de femmes photographes, parmi lesquelles des pionnières incontournables, des figures oubliées et de nouvelles jeunes voix. Certaines sont impliquées dans la politique ou dans le féminisme militant, tandis que d’autres se sont aventurées dans des zones de guerre ou ont enfreint les normes et conventions. Tous ont pris des risques, s’émancipent de contextes consolidés et inventent de nouvelles façons d’être et de travailler. Ce sont des femmes dangereuses car elles remettent en question les attentes et les a priori qui entouraient leur métier et leur statut, nous invitant à imaginer avec elles de nouveaux mondes.

Parmi les noms de ce volume, on retient Margaret Burke-White, Claude Cahun, Sophie Calle, Dorothea Lange, Lee Miller, Lisetta Carmi, Letizia Battaglia, Sarah Moon, Francesca Woodman, Tina Modotti et bien d’autres, dont certains appartiennent à une nouvelle génération émergente, comme Gohar Dashti, Tarrah Krajnac, Bieke Depoorter et Maya Inès Touam.

Laura Adler est journaliste, historienne, écrivaine et spécialiste de l’histoire des femmes et des féministes aux XIXe et XXe siècles. Elle est l’auteur de nombreux livres d’histoire, parmi les titres publiés en Italie dont on se souvient La vie quotidienne dans les maisons closes en France (1830-1930) (Rizzoli), L’indomptable Simone Weil (Livre Jaca) e Georges Steiner. La passion de l’absolu (Garzanti). Elle est également l’auteur d’une biographie de Marguerite Duras (Gallimard), pour laquelle elle a reçu le Prix Femina de non-fiction.

Clara Bouveresse est professeur d’études anglophones à l’Université d’Évry/Paris Saclay. En 2019, il a été commissaire de l’exposition « Unretouched Woman. Eve Arnold, Abigail Herman, Susan Meiselas » aux Rencontres de la Photographie d’Arles. Elle est l’auteur et éditrice des volumes Manifeste Magnum (avec Clément Chéroux, Contrasto) e Femmes photographes (avec Sarah Moon, Contraste).

Carlo Franza

Tags: Bieke Depoorter, Clara Bouveresse, Claude Cahun, Dorothea Lange, Francesca Woodman, Gohar Dashti, journaliste Laure Adler, Laure Adler, Les photographes sont dangereux (Contraste), Lee Miller, Letizia Battaglia, Lisetta Carmi, Margaret Burke-White, Maya Inès Touam., Prof. Carlo Franza, Sarah Moon, sophie calle, historienne de l’art Clara Bouveresse, Tarrah Krajunac, Tina Modotti

A lire également