Deux études européennes le confirment : limiter la consommation réduit significativement l’apparition de maladies cardiovasculaires, avec des bénéfices pour l’ensemble de la population

Nous savons tous que le sel est « mauvais pour la santé » mais réduire sa consommation est loin d’être simple. Souvent, par goût ou par habitude, nous avons tendance à l’ajouter aux plats que nous préparons à la maison. Ainsi, lorsqu’un médecin ou un nutritionniste nous suggère de réduire notre consommation, nous pensons au sel ajouté aux pâtes ou à la salade. Et nous ne nous inquiétons pas de celui « caché », contenu dans le pain, les saucisses et les aliments emballés. C’est précisément ce sel caché qui risque de devenir l’ennemi le plus dangereux.

Les risques sanitaires

Le sodium, le minéral contenu dans le sel de table, est un facteur de risque de développement de l’hypertension artérielle. « L’hypertension artérielle », surtout si elle n’est pas traitée, peut entraîner de graves complications de santé, notamment une crise cardiaque, un accident vasculaire cérébral, une insuffisance rénale et même la démence. Ces maladies touchent non seulement l’individu mais pèsent de plus en plus sur les coûts de santé : réduire le sel est donc bénéfique pour tous. Une étude publiée dans Hypertensionrevue deAssociation américaine du cœurmontre que la réduction du sodium dans les aliments emballés améliore la santé cardiovasculaire, évitant ainsi de nombreux décès dus à des crises cardiaques et des accidents vasculaires cérébraux. Pour étayer cette thèse, deux études européennes ont été analysées, une française et une anglaise.




















































L’étude française

La baguette est le symbole par excellence de la France et représente l’un des aliments les plus consommés par la population. Malheureusement, il fournit à lui seul 1/4 de l’apport quotidien recommandé en sel. C’est pourquoi l’État français et les producteurs de pain ont signé en 2022 un accord volontaire visant à réduire la consommation de sel dans le pain. Les résultats : réduction de la mortalité, réduction des hospitalisations pour crise cardiaque et accident vasculaire cérébral. Tout cela sans que la population ne s’aperçoive du changement.

L’étude anglaise

Au Royaume-Uni, une enquête nationale a été menée pour estimer la quantité de sel consommée chaque jour par les citoyens et évaluer les avantages qui pourraient être obtenus en réduisant l’apport en sodium dans les aliments prêts à consommer et emballés. Les chercheurs ont examiné 84 catégories d’aliments (comme le pain, le fromage, la viande et les collations) et 24 catégories d’aliments consommés à l’extérieur de la maison, dont les hamburgers et les pizzas. On estime que si les objectifs de réduction de sel avaient été respectés, les citoyens auraient consommé 17,5 % de sel en moins par jour. Cette baisse entraînerait une réduction de la tension artérielle avec des milliers de cas de crises cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux en moins sur vingt ans, une augmentation du nombre d’années de vie en bonne santé et une économie estimée à 1 milliard de livres sterling pour le NHS. Des résultats qui semblent particulièrement pertinents dans l’un des pays où la principale cause de décès est les maladies cardiovasculaires.

Et en Italie ?

L’Istituto Superiore di Sanità, soutenu par le ministère de la Santé, surveille la consommation de sel. Ce sont les données préliminaires de l’enquête portant sur la période 2023-2024 : chez les 35-74 ans, la moyenne est de 9,3 g chez les hommes et de 7,2 g chez les femmes : bien au-dessus des 5 grammes de sel recommandés par l’Organisation mondiale de la santé. Les études analysées indiquent une issue : la réduction du sel devrait devenir une stratégie nationale, en se concentrant précisément sur l’ennemi caché, c’est-à-dire celui contenu dans les aliments industriels. Intervenir sur ce front réduirait considérablement l’apport quotidien en sodium, avec de grands avantages pour la santé individuelle et publique. Toutefois, pour parvenir à ce changement, un accord entre les politiciens, les industries et les experts de la santé est nécessaire.
En attendant ce changement au sommet, chacun de nous peut commencer par des petits gestes quotidiens.

Cinq gestes pour réduire le risque de maladies cardiovasculaires

Voici ce que vous pouvez faire dès aujourd’hui pour votre santé cardiaque :

  1. Remplacez le sel par des herbes, des épices, de l’ail, des piments et des agrumes pour ajouter de la saveur ;
  2. Rincez les légumes et les légumineuses en conserve et mangez davantage de fruits et légumes frais ;
  3. Lisez les étiquettes des produits et choisissez-en des moins salés ;
  4. Réduisez progressivement le sel lors de la préparation des repas ;
  5. Ne mettez pas de sel et de sauces salées à table, afin que même les plus jeunes membres de la famille s’habituent à ne pas ajouter de sel.

Rappelons que la France et le Royaume-Uni nous l’ont montré : réduire le sel sauve notre cœur et le système de santé, déjà sous pression. Il nous appartient donc d’exiger de l’industrie des aliments plus sains et d’amorcer le changement individuel dès aujourd’hui, depuis notre table.

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