Trois films aident à comprendre les intrigues et les émotions qui sont cachées derrière l'élection du nouveau pontife. Et pourquoi l'entrée de la figure féminine (également comprise comme une dimension corporelle) pourrait vraiment changer les choses

Lorsque l'église se prépare à élire un nouveau pontife, Le cinéma offre un objectif intéressant pour explorer non pas tant les rites du conclave que la dynamique intérieure et relationnelle qu'il déclenche. Le film le plus récent Conclave (2024) par Edward Berger rejoint des titres tels que Les deux papes par Fernando Meirelles E Habemus Papam par Nanni Moretti, pour décrire un portrait loin d'être idéalisé de ceux qui se réunissent dans la chapelle Sixtine. Dans les trois films, il conclave est le point de départ pour Réfléchissez aux expériences et aux comportements des cardinaux qui élimineront ou seront élus sur le trône papal. Dans Conclave Après la mort du pape, les cardinaux se réunissent pour élire le successeur. Le cardinal Lawrence dirige le conclave, qui voit l'arrivée inattendue du cardinal Vincent Benitez, nommé à pectore.

Foi, faute et pardon

Entre intrigues et rebondissementsBenitez est élu pape, apportant une bouffée de changement dans l'église. Dans Les deux papes Le cardinal Bergoglio, désireux de démissionner, rencontre le pape Benoît XVI. Les deux discutent de leurs visions opposées sur l'église, face à des thèmes de foi, de faute et de pardon. Le film explore leur relation et les circonstances qui ont conduit à la démission de Benedetto et à l'élection de Francesco. Enfin dans Habemus Papam Le cardinal Melville est élu pape mais, Ambellé par l'anxiété, il s'enfuit avant l'annonce officielle. Alors que le Vatican essaie de gérer la crise, le nouveau pape fait face à un conflit intérieur profond, remettant en question sa capacité à diriger l'église.

Le pouvoir et ses incitations

Un thème qui émerge, plus Conclave Ce qui dans d'autres films est celui de l'ambition personnelle. Le conclave n'est pas représenté comme un événement purement spirituel, mais comme une arène où les stratégies, les influences et les désirs personnels entrent en collision. Les cardinaux, bien que couverts de caractère sacré, sont des hommes, et en tant que tels vulnérables au pouvoir et à sa flatterie. « Chaque cardinal en lui-même a déjà choisi le nom avec lequel il aimerait que sa papauté soit connue« Dit le cardinal Bellini, témoignant de la quantité d'ambition individuelle également insinuée dans les lieux de la foi. Dans cette perspective, L'église devient le miroir de chaque organisation humaine: uniforme, compétitif, traversé par les tensions entre les conservateurs et les progressistes, entre le pouvoir spirituel et le pouvoir politique.

Doute comme vertu

Mais précisément dans cette humanité, le cinéma trouve un point fort. Si, d'une part, il dénonce les luttes internes, d'autre part, cela montre les craintes profondes qui habitent ceux qui se retrouvent soudainement devant la possibilité de la papauté. La figure du « Pape réticent » est récurrente et est le Trait d'union Parmi les trois films. Dans le conclave, le cardinal Lawrence dit: « Il y a une honte que je crains plus que toute autre: la certitude». Le doute ne devient pas une faiblesse, mais une vertu. C'est l'incertitude, et non la sécurité granitique, de garder la foi en vie en tant que mystère, ouvert à la compassion et à la comparaison. De même, dans Les deux papesaussi béni xvi que le futur Francesco Express pour différentes raisons Un profond désir de renonciation, comme si la grandeur de la tâche les domine. « Être le pape, c'est comme être un martyr », explique Bergoglio dans le film. Dans Habemus Papamle refus du rôle papal est fait angoisse existentielle, paralysant l'anxiété, échapper à la responsabilité: Le visage humain de la crise professionnelle, mis en lumière avec délicatesse et ironie.

La question de la femme

Ces films ne disent pas seulement l'église, mais parlent au cœur de chaque spectateur: Qui n'a jamais ressenti le poids d'attentes trop élevées, ni la peur de ne pas être à la hauteur du rôle qui lui est attribué? Enfin, un thème spécifique du conclave, même s'il est traité sous trace, est La question de la femelle, souvent silencieuse ou reléguée à des rôles marginaux. Le film présente les religieuses comme des figures invisibles mais des observateurs attentifs, capables d'enregistrer ce qui se passe dans le conclave avec un œil brillant. Leur présence discrète devient un contre-anti-tension masculine: plus calme, mais non moins pertinent. Le film vient de proposer, également à travers le thème de l'intersxe d'un cardinal, l'idée que La sensibilité féminine – comprise non seulement comme une qualité psychologique, mais aussi comme une dimension corporelle – peut trouver de l'espace dans la charge ecclésiastique la plus élevée. Un message fort, dans une église encore rigidement patriarcale.

Un voyage dans l'âme humaine

D'un autre côté, ce n'est pas la première fois que le cinéma imagine une figure féminine dans le trône papal. La papesa (2009) Il a évoqué, entre mythe et légende, l'histoire de Giovanna, qui aurait fait semblant d'être un homme pour devenir pape. Mais le conclave va plus loin: cela suggère que la spiritualité, la miséricorde et la capacité d'écoute – souvent considérées comme «féminines» – peuvent représenter non pas une exception, mais mais une base possible pour une nouvelle vision du pouvoir ecclésiastique. En conclusion, le cinéma contemporain ne se limite pas à reconstruire les scénarios du Vatican: Explorez l'âme humaine face à la responsabilité, l'ambivalence de l'ambition, la valeur du doute et le potentiel transformateur de la présence féminine. Et ce faisant, il nous invite à ne pas nous demander qui sera le prochain pape, mais quel genre d'humanité – et de spiritualité – nous voulons voir représenté.

* Psychiatre, coprésident SINPF (Société italienne de neuropsychopharmacologie)

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