Si les repas fixes sont équilibrés (source de protéines, glucides, bons gras, légumes, fruits), les répéter ne comporte pas de risques. Le problème se pose lorsque l’on répète des aliments ultra-transformés, très salés, sucrés ou gras.
Je n’ai pas une alimentation très variée et j’ai tendance à toujours manger les mêmes choses : est-ce une erreur ?
Stefano Erzegovesi, nutritionniste et psychiatre, communicateur scientifique, répond (ALLER AU FORUM)
Ce n’est pas mauvais en soi, en fait, pour beaucoup de personnes, cela peut être un avantage : manger les mêmes repas tous les jours, ce que les experts appellent la « monotonie alimentaire », simplifie la routine, aide à gérer le poids et réduit la « fatigue décisionnelle », ou l’effort mental de devoir choisir, planifier et préparer des menus différents chaque jour. Une étude récente a même révélé que ceux qui mangent toujours les mêmes repas perdent plus de poids en 12 semaines que ceux qui varient continuellement leur alimentation ; probablement parce que la répétition permet de contrôler plus facilement les portions sans avoir à compter les calories.
Des repas équilibrés
Un autre fait est que le petit-déjeuner est le repas que les gens répètent le plus volontiers, probablement parce qu’il s’agit d’un geste presque automatique au début de la journée, tandis que le déjeuner et le dîner ont tendance à se diversifier. Le point critique est la qualité de ce que l’on mange : non pas la répétition elle-même, mais ce qui est répété. Si les repas fixes sont nutritionnellement équilibrés (une source de protéines, un glucide, une bonne graisse, un légume, un fruit), les répéter quotidiennement ne comporte pas de risques. Le problème se pose lorsque l’on répète des aliments ultra-transformés, très salés, sucrés ou gras : dans ce cas, la monotonie consolide un déséquilibre.
Carence en micronutriments
L’habitude d’un petit-déjeuner composé de yaourts, de fruits frais et de fruits secs, répété chaque matin, est un meilleur choix qu’une variante à base d’œufs et de bacon ; un déjeuner répété avec du riz brun, de la salade, de l’huile d’olive et une source de protéines bat une variante avec un sandwich, de la charcuterie et du pain blanc. Il y a cependant deux limites à toujours garder à l’esprit avec une alimentation peu variée, notamment au déjeuner et au dîner : le risque de carences en micronutriments et surtout la perte de biodiversité au niveau du microbiote intestinal, qui bénéficie d’une gamme large et colorée de fibres et de composés végétaux.
Des changements progressifs
Conseil pratique : si vous avez des repas fixes que vous aimez et pour lesquels vous travaillez, inutile de les modifier. Mieux vaut des changements progressifs que des révolutions drastiques : introduire de petites variations au sein d’une même structure – par exemple un fruit différent dans le yaourt, un légume différent à côté de la source de protéines, une protéine végétale (par exemple une légumineuse) au lieu d’une protéine animale, une céréale complète au lieu d’une blanche – pour maintenir les bienfaits de la routine sans renoncer à la variété que le corps (en particulier l’intestin) apprécie. Une dernière recommandation, toujours valable : la qualité de la nourriture compte plus que tout, alors soyez courageux et consacrez une demi-heure chaque jour à préparer des plats frais à la maison.
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