La croissance enregistrée par l’AIFA dans le domaine des médicaments achetés directement par les citoyens ne doit pas être considérée avec inquiétude ou, pire encore, avec alarmisme. C’est aussi le signe d’une plus grande prise de conscience de l’obésité et de la possibilité de la traiter.

Les données du rapport AIFA OsMed 2025 présentées hier marquent une étape importante dans le traitement de l’obésité en Italie. L’Agence enregistre une augmentation de 75,8 % des dépenses et de 85,7 % de la consommation des analogues des récepteurs GLP-1 indiqués pour la gestion du poids. Des chiffres qui doivent être lus en tenant compte de l’introduction et de la diffusion progressive de ces thérapies dans la période considérée, mais qui démontrent néanmoins un changement profond dans l’approche de la maladie. Il s’agit d’un changement qui se produit à un moment historique particulier : avec la loi 149/2025, l’Italie est devenue le premier pays au monde à reconnaître formellement, à travers une loi spécifiquement dédiée, l’obésité comme une maladie chronique, évolutive et récurrente. Il ne s’agit donc plus d’une simple conséquence d’un comportement individuel ou d’un mode de vie incorrect, mais d’une pathologie qui nécessite une prévention, un diagnostic, une prise en charge et, lorsque cela est cliniquement indiqué, même une thérapie pharmacologique.

Pas d’alarmisme

L’augmentation détectée par l’AIFA dans ce cas concerne les médicaments achetés directement par les citoyens pour la gestion de l’obésité. Il s’agit d’un fait important, qui ne doit cependant pas être lu en termes alarmistes : la comparaison est faite avec 2024 où ces thérapies étaient encore dans une phase initiale de disponibilité et de diffusion, tandis que 2025 montre une utilisation beaucoup plus consolidée. Plus que le pourcentage lui-même, les données démontrent donc la rapidité avec laquelle la demande de traitement de l’obésité augmente et comment la thérapie pharmacologique est désormais entrée dans la pratique clinique.




















































Le problème de l’accès aux médicaments

La question de l’accès reste ouverte. L’obésité et le diabète de type 2 sont des pathologies étroitement liées et coexistent souvent : dans ces cas, le patient peut accéder à des thérapies remboursées par le Service National de Santé dans le cadre du traitement du diabète. Toutefois, pour de nombreuses personnes obèses, le coût du traitement reste à leur charge. C’est ici que se pose aujourd’hui une question d’équité particulièrement importante, puisque l’Italie a reconnu légalement l’obésité comme une maladie.
La croissance enregistrée par l’AIFA n’est donc pas à considérer avec inquiétude. C’est aussi le signe d’une plus grande prise de conscience de l’obésité et de la possibilité de la traiter. Après la reconnaissance législative historique, le défi est désormais de transformer ce principe en voies concrètes et accessibles de prévention, de diagnostic et de prise en charge, garantissant la pertinence prescriptive et l’équité dans l’accès aux soins.

*Président de la Société Italienne d’Obésité (SIO)

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