Une étude révèle les mécanismes par lesquels la « goutte de sucre » classique est perçue par l’organisme également dans une zone du cortex cérébral qui joue un rôle important dans la gestion des émotions
Malheureusement, il existe de nombreuses causes possibles de mauvaise humeur et d’irritation, mais il faut également garder à l’esprit une cause souvent négligée : la faim.
À tel point que pour cette affection, l’irritation de la faim, un mot spécifique a été inventé qui fonctionne parfaitement en anglais : « hangry », une fusion de affaméfaim, e en colèreen colère, un mot est même entré dans l’Oxford English Dictionary.
Comment ça vient
Une étude publiée dans la revue eBioMedicine (par le groupe La Lancette), coordonné par Nils Kroemer, professeur de psychologie médicale à l’université de Tübingen, a tenté de faire la lumière sur cette forme spécifique d’inconfort et de mauvaise humeur.
L’étude a permis de confirmer l’existence d’une relation entre l’apparition d’une sensation de faim, dont on n’a peut-être pas pleinement conscience car on est occupé par son travail, et un état d’irritation croissante. Les chercheurs ont également compris que ce n’est pas tant l’abaissement du taux de sucre dans le sang, ce qu’on appelle la baisse de la glycémie, qui détermine la mauvaise humeur, mais plutôt la perception globale de l’état énergétique de l’organisme, telle qu’elle est consciemment détectée. Une perception qui, en plus de la faim, peut inclure des sensations telles que faiblesse, vide dans l’estomac, difficultés de concentration.
Les mécanismes
Le lien entre la faim et l’humeur est étayé par un phénomène physiologique appelé intéroception, la capacité du cerveau à percevoir, interpréter et intégrer les signaux provenant de l’intérieur du corps. Dans le cerveau, la faim est signalée par les neurones de l’hypothalamus qui détectent une baisse prolongée d’énergie. Mais cette sensation atteint ensuite également une autre petite structure du cortex cérébral, leîlequi joue un rôle important dans la gestion des émotions.
L’étude
L’étude a été réalisée en fournissant à 90 personnes en bonne santé un outil permettant de mesurer de manière répétée leur glycémie tout au long de la journée, un outil normalement utilisé par les diabétiques pour garder ce paramètre sous contrôle. Deux fois par jour, les participants à l’étude devaient également signaler via une application pour téléphone portable à quel point ils se sentaient rassasiés ou affamés et quelle était leur humeur.
Au final, le conseil des chercheurs est de ne pas négliger l’ensemble des sensations que le corps envoie au cerveau et qui avertissent généralement avec suffisamment de timing lorsqu’il est temps d’aller chercher une nouvelle énergie. Et étant donné que l’activité physique est désormais reconnue comme apportant des bienfaits sur de multiples fronts, il semble qu’elle puisse également aider à affiner la capacité à saisir les signaux qui proviennent de l’intérieur du corps.
