2025 octobre
Sur le vélo, quand on remonte les manches, c'est fini…
Le temps pleut. Et on se demande ce qu'il pourrait donner d'autre étant donné que depuis quelques jours l'automne est sérieusement l'automne. Pour ceux qui aiment le vélo, le froid du petit matin, la brume de la vallée du Pô et la pluie ne sont pas les meilleurs compagnons de voyage. Ce n'est pas qu'on ne sait pas faire du vélo… Beaucoup pédalent quand même, se couvrent et partent. Des héros impeccables et intrépides qui n'abandonnent jamais, n'abandonnent jamais. Malheur à quiconque parle de reels : « Les reels ? Les reels n'existent pas. » Pédalez toujours, dans toutes les conditions et malgré tout, pour garder vos jambes en mouvement et votre volonté entraînée. Et ils font envie. Parce qu'on s'efforce de retrouver la beauté d'une balade à vélo quand le ciel est bas et gonflé et qu'on sait très bien que tôt ou tard on peut même avoir de l'eau. Un peu, beaucoup, presque toujours beaucoup, ne fait pas grande différence. Et pas seulement celui qui descend, mais aussi celui qui vient du côté que soulèvent les voitures, celui qui vient du volant de la personne devant vous et qui frappe précisément votre visage, celui qui coule de votre casque. Faire du vélo sous la pluie, c'est un choc au début puis, une fois mouillé, on s'y habitue mais ce n'est pas amusant. La beauté du cyclisme, c’est l’été. Il fait 35 degrés en juillet lorsque l'on gravit les Pyrénées au Tour et que vous vous entraînez en pensant faire la même chose lors de l'ascension près de chez vous. L'air chaud sur votre visage, l'eau sur votre tête, la bouteille d'eau avec de la glace qui fond après les 500 premiers mètres. Et c'est comme si j'avais la chemise jaune. Le vélo, ce sont les kilomètres dans la chaleur qui vous font cuire le cerveau lorsque le monde voyage en pleine climatisation. Ce sont les lignes de bronzage du constructeur qui, lorsque vous allez à la plage, votre femme fait semblant de ne pas vous connaître. C'est la piqûre de la sueur dans tes yeux. Le vélo est un body sans manches et une fermeture éclair entièrement ouverte. Cela ne dure pas longtemps, mais c'est une émotion intense. Et quand, tout à coup, vous ressentez le besoin de retrousser vos manches, de vous couvrir d'un journal ou d'une cape, c'est fini…
