Le cas de l’athlète de biathlon aux Jeux olympiques de Milan Cortina 2026. C’est un médicament utilisé depuis quelques temps dans l’hormonothérapie du cancer du sein. Le blocage de l’enzyme aromatase, qui transforme la testostérone en œstrogène, provoque une augmentation de la testostérone circulante. Il est inclus dans la liste des substances interdites par l’AMA.

Il y a un cas de dopage aux Jeux olympiques de Milan Cortina pour l’équipe italienne : il s’agit de la biathlète Rebecca Passler, qui a été déclarée positive lors d’un contrôle hors compétition. La substance retrouvée dans les analyses est le létrozole, un inhibiteur habituellement utilisé dans les cas oncologiques.

Qu’est-ce que c’est

Le létrozole est un médicament antitumoral appartenant à la classe des inhibiteurs de l’aromatase et est une substance incluse dans la liste des substances interdites par l’AMA (Agence mondiale antidopage), parmi les « substances spécifiées ». Le létrozole est utilisé pour traiter le cancer du sein précoce chez les femmes ménopausées qui ont déjà reçu d’autres traitements (par exemple, radiothérapie ou ablation chirurgicale de la tumeur), qui reçoivent un traitement au tamoxifène depuis cinq ans, ou dont le cancer s’est déjà métastasé ou s’est aggravé pendant le traitement au tamoxifène. Dans certains cas, il est également utilisé en cas d’infertilité, car il peut favoriser l’ovulation, mais il s’agit d’une utilisation « hors AMM », c’est-à-dire en dehors de l’indication principale.




















































Comment ça marche

Son principal effet est lié aux hormones. Le létrozole bloque une enzyme appelée aromatase, responsable de la transformation de la testostérone en œstrogène. Lorsque cette enzyme est inhibée, la production d’œstrogènes diminue et, par conséquent, les niveaux de testostérone (l’hormone mâle) dans le corps peuvent augmenter. C’est précisément ce mécanisme qui le rend également pertinent dans le contexte sportif.

Augmentation de la testostérone

Dans le monde du sport, en effet, le létrozole est considéré comme une substance dopante. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un stéroïde anabolisant, il peut néanmoins augmenter indirectement la testostérone, contribuant ainsi à la force, à la récupération et à l’adaptation musculaire. En outre, il est parfois utilisé pour dissimuler ou augmenter la consommation de stéroïdes réels, ce qui rend plus difficile la détection d’autres substances interdites. Pour ces raisons, il figure sur la liste des agents hormonaux interdits et est interdit à tout moment, aussi bien en compétition qu’hors compétition.

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Les contre-indications

D’un point de vue santé, prendre du létrozole sans réelle indication médicale n’est pas du tout anodin. Elle peut provoquer des déséquilibres hormonaux majeurs, des problèmes osseux comme l’ostéoporose, de la fatigue, des maux de tête, des changements d’humeur, une diminution de la libido et, dans certains cas, même des effets sur le système cardiovasculaire. C’est pourquoi son utilisation ne doit se faire que sous contrôle médical strict.

Comment il est identifié

Lors des contrôles antidopage, le létrozole est facilement identifiable par analyse d’urine, et il n’y a pas de seuil « toléré » : même de très faibles quantités peuvent conduire à un résultat positif. Si elles sont constatées, les conséquences sportives sont graves : suspension immédiate, disqualification possible jusqu’à quatre ans, annulation des résultats et exclusion de compétitions importantes, dont les Jeux olympiques.

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