De nombreux prêtres qui abandonnent le sacerdoce par amour ont toujours existé et continuent d'exister. Il est plus rare qu’une telle tournure des événements arrive à un évêque. Mais ce n'est pas impossible, comme le démontre un cas qui nous vient de la deuxième patrie de Léon XIV, le Pérou, où Robert Francis Prévost fut missionnaire puis évêque pendant des années. L'ancien évêque amoureux s'appelle Reinaldo Nann, titulaire de la prélature de Caravelí jusqu'en 2024.
L'étrange démission
Nann, un missionnaire allemand originaire de l'archidiocèse de Fribourg-en-Brisgau – le même que Mgr Georg Gänswein – a été nommé évêque par François en 2017. Extrêmement fidèle au cardinal ultra progressiste Carlos Castillo Mattasoglio, archevêque de Lima et grand « ennemi » du cardinal conservateur de l'Opus Dei Juan Luis Cipriani. Thorne, Nann avait fait une carrière rapide et fulgurante dans les années du pontificat bergoglien au point d'occuper le rôle de président de Caritas Pérou et de responsable national de la catéchèse familiale. Mais tout s’est arrêté brusquement le 1er juillet 2024 avec la nouvelle choc de sa démission comme évêque, acceptée par François. L'évêque allemand avait imputé ce recul à des raisons de santé, affirmant que son activité d'évêque et « quelques déceptions » ils les avaient « causé du stress et de l'hypertension ». Nann avait notamment évoqué l'affaiblissement de son « santé physique et mentale » pendant la pandémie qui l'avait convaincu, sur suggestion des médecins, de prendre une période de repos. Nann avait également annoncé qu'il souhaitait passer une année sabbatique en Allemagne avec sa famille.
La vérité
Pourtant, un peu plus d’un an plus tard, la vérité éclatait sur cette sortie soudaine et inattendue de la scène. Comme l'a révélé Javier Arias sur Religion confidentielle, la véritable raison de sa démission était qu'il était tombé amoureux d'une femme avec laquelle il s'était marié entre-temps. Ces derniers jours, la confirmation est venue de l'intéressé qui a ouvert un blog personnel dans lequel il a révélé qu'il avait « a démissionné du sacerdoce et de l'épiscopat après avoir servi respectivement 37 et 7 ans ».
Premiers amours et mariage
Sur son blog, l'ancien évêque a expliqué qu'il était déçu de son expérience d'évêque après l'avoir vue « Le pape François comme une grande lumière d'espérance pour moi et pour l'Église » au début de son pontificat. Nann affirmait avoir défendu le célibat alors qu'elle n'en était pas partisane et ce, bien qu'elle en soit une. « amoureux plusieurs fois ». L'ancien monseigneur a défini « héroïque » abandonner ces amours pour rester fidèle au célibat même si cela lui avait procuré la sensation de ressentir « plus seul et isolé ». « Après la pandémie – continua l'ancien évêque – Je suis tombé amoureux de la femme qui est maintenant ma femme. C’était un amour qui se renforçait chaque jour. Nous avons dû le cacher jusqu'à ce que nous soyons sûrs que c'était sérieux. » Après avoir démissionné en juillet 2024, Nann a déménagé en Allemagne pendant huit mois, se séparant physiquement de celui qu'il appelle son « Amour ». À la fin de l'année, la décision de quitter le sacerdoce fut prise, bien que la démission de l'état clérical ne soit pas encore arrivée de Rome. Cela signifie que, comme l'a admis l'ancien monseigneur, il vit dans un état de « péché grave » et doit donc s'abstenir des sacrements.
Contre le célibat
Les aveux de Nann sont aussi l'occasion de faire polémique contre l'institution dont il a fait partie pendant près de quarante ans. L'ancien évêque s'est plaint de perdre son statut de puissant – qu'il aimait exercer, comme il l'a admis sur le blog -, son salaire et son assurance maladie. Il s'est défini « un SDF dans l'Église » même si on dit « heureux d'avoir trouvé un partenaire, un dialogue sincère et un amour qui grandit chaque jour » en plus de « la liberté d'être moi-même et non un employé d'une institution. » Cet éclat fut aussi l'occasion de s'en prendre à la norme indigeste, en affirmant que « Le célibat obligatoire n'existait pas à l'aube de l'Église. Forcer le clergé à renoncer aux relations amoureuses ou à mentir constitue un grave préjudice pour l'Église ». Une patate chaude pour Léon XIV qui vient de son Pérou bien-aimé et implique un évêque qu'il a certainement rencontré à la Conférence épiscopale péruvienne.
Cette version péruvienne de « Oiseaux de ronces » cela pourrait rouvrir le débat déjà brûlant – notamment dans l'Église allemande et en Amérique latine – sur l'abolition de l'obligation du célibat. Ce qui est sûr, c'est que cela ajoute des doutes sur les critères de choix des évêques dans les années du pontificat bergoglien.
